ILS TRAVAILLENT SUR MESURE
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3250
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Depuis la création du label Instituts Carnot en 2006, des milliers de contrats de recherche ont été signés entre des entreprises et des laboratoires publics, débouchant sur des produits industriels. Exemples.
DES CAPTEURS BIOCHIMIQUES POUR L'HÉMODIALYSE
Institut Carnot Laas CNRS, à Toulouse (Haute-Garonne).
Entreprise Hemodia, à Labège (Haute-Garonne).
Pour mesurer en temps réel l'efficacité d'une dialyse (l'épuration de l'urée dans le sang), le Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes (Laas) a développé avec la PME Hemodia, un microcapteur à usage unique, qui s'intègre dans la tubulure de l'appareil de dialyse. Le groupe M2D (Microdispositifs et microsystèmes de détection) du laboratoire a mis au point la puce en silicium recouverte d'une couche enzymatique et le système d'encapsulation (avec Gemplus, devenu Gemalto). Les études ont démarré en 2001, et le transfert industriel chez Hemodia est effectif depuis 2006. Mais le Laas continue à travailler avec l'entreprise. Ainsi, la même filière technologique pourrait permettre d'analyser la créatinine, autre déchet épuré lors de la dialyse, et de créer des capteurs pour l'analyse de la sueur.
UN LOGICIEL DE CONCEPTION DES INJECTEURS
Institut Carnot ESP (Énergies et systèmes de propulsion), à Rouen (Haute-Normandie).
Entreprise Siemens VDO/Continental.
Avec Siemens VDO, qui fait partie de Continental, le Complexe de recherche interprofessionnel en aérothermochimie (Coria, unité CNRS, Insa, université de Rouen), a mis au point un logiciel de simulation pour la conception des injecteurs automobile. Le projet a démarré par des études fondamentales de mécanique des fluides sur l'injection de l'essence, avec un soutien de l'Agence nationale de la recherche (ANR). Il s'est poursuivi par un contrat de recherche avec l'industriel qui a débouché sur un modèle numérique permettant de définir la géométrie et le débit de l'injecteur. Cinq ans après la première étude, les derniers contrats ont permis de développer un véritable logiciel de conception d'injecteurs, utilisable par les bureaux d'études de l'équipementier automobile.
L'HYDROGÈNE STOCKÉ DANS LE DUR
Institut Carnot Énergie du futur, à Grenoble (Isère).
Entreprise McPhy Energy, à La Motte-Fanjas (Drôme).
L'Institut Carnot grenoblois travaille avec la PME McPhy Energy à la mise au point du stockage de l'hydrogène sous forme de disques d'hydrure de magnésium. L'hydrogène est restitué quand on diminue la pression. Applications visées : la production d'hydrogène sur site, le stockage d'énergies renouvelables, et à terme l'automobile. L'Institut Néel est à l'origine du matériau de stockage. Le Laboratoire des écoulements géophysiques et industriels (Legi) a étudié les aspects thermiques, afin d'évacuer la forte chaleur créée lors du stockage. Les laboratoires ont aussi conçu un matériau à changement de phase qui absorbe l'énergie dégagée et la restitue au moment de la récupération de l'hydrogène. Les recherches portent sur d'autres matériaux que le magnésium qui permettraient le stockage à plus basse température.

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