Il fédère la gravure industrielleEnergique et pressé, le patron du groupe KDG saisit l'opportunité que lui offre la mutation d'un vieux métier pour s'imposer comme un industriel complet.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2781
Il fédère la gravure industrielle
Energique et pressé, le patron du groupe KDG saisit l'opportunité que lui offre la mutation d'un vieux métier pour s'imposer comme un industriel complet.
" Est-ce un défaut ? Est-ce une qualité ? En tout cas, je décide vite, et j'approfondis l'analyse après ", ironise Thierry Callin. Jusqu'à présent, son intuition ne l'a pas trompé et ses analyses ont conforté ses choix. A 38 ans, il constitue le premier groupe français spécialisé dans la fabrication de cylindres pour la gravure industrielle, KDG (Keller Dorian Group), qui va réaliser cette année un peu plus de 100 millions de francs de chiffre d'affaires avec un peu moins de 200 personnes. Si Thierry Callin décide vite, c'est aussi parce qu'il apprend vite. Il sait observer. Il écoute ses clients et ses collaborateurs, même s'il a parfois du mal à maîtriser son impatience. Car, si le hasard a joué un rôle dans son parcours, cet entrepreneur de vocation sait ce qu'il veut. Titulaire d'un BTS de comptabilité et de gestion, il crée, à 23 ans, une petite agence de publicité qui étend ses activités à la presse gratuite. Il y a six ans, une opportunité lui fait reprendre Helio 91 dans laquelle sa famille a une petite participation et qui réalise des cylindres pour les papiers peints. " Je me suis rapidement rendu compte que le métier était en pleine mutation ", précise-t-il. Les technologies s'informatisaient. Les clients qui acceptaient des délais de trois semaines exigeaient d'être livrés en moins d'une. Et les perspectives de développement dans le packaging, notamment celui des produits alimentaires, étaient particulièrement prometteuses. En moins de six ans, Thierry Callin reprend six entreprises. Dont, l'année dernière, Keller Dorian, une PMI lyonnaise plus que centenaire, à la forte notoriété. Il achète l'essentiel de ses activités à l'américain Standex et rebaptise son groupe KDG.
Stratège et tacticien
Un groupe qu'il articule autour de trois axes : le décor (cylindres pour les sols plastiques, les papiers peints, etc.), le packaging et les autres applications industrielles (papier toilette, verre, aluminium). Après avoir défini la stratégie, Thierry Callin met au point une tactique astucieuse. Les positions concurrentielles étant contrastées selon les activités, il module son approche des différentes clientèles. Dans le décor, où il représente 90 % du marché français, il se fait rassurant vis-à-vis de qui pourrait s'inquiéter de l'absence d'alternative. Dans le packaging, où sa part est modeste (10 %) et face à un groupe allemand qui en détient 50 %, il joue sans complexe la séduction. Mais, dans tous les cas, Thierry Callin investit. " Le montant de mes investissements dépasse celui des opérations de rachat ", précise-t-il. Si son siège est installé à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) chez Europa Helio, il va construire une unité flambant neuve aux portes de Lyon, destinée à accroître la capacité de production et la productivité tout en constituant une vitrine technologique destinée à rompre avec l'image anachronique qui colle encore à la gravure. Mais l'investissement technologique ne se fait pas au détriment de la création (KDG veut au contraire développer ses propres collections dans le décor) ni des hommes (la PMI consacre beaucoup de temps à la formation). Pour financer tous ces projets, Thierry Callin a su convaincre quatre sociétés de capital-risque (Rhône-Alpes PME, BNP Développement, CDC PME et Sud Capital) de lui apporter 13,3 millions de francs. Pressé, mais méthodique, il met son groupe en bon ordre de marche, afin d'en tirer au plus vite le meilleur.

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