« Il est plus prestigieux d'être ingénieur que docteur » Valérie Pécresse
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Annoncé jeudi 21 janvier par Nicolas Sarkozy, Valérie Pecresse, nous détaille les principales mesures sur la refonte du monde de la recherche et de l'enseignement supérieur. Au programme : rapprochement entre Université et grandes écoles, crédit impôt re
Quel rôle a joué votre ministère dans la « stratégie nationale de recherche » qui vient d'être lancée par le président de la République ?C'est un exercice que j'ai souhaité, et que de nombreux pays européens ont déjà mis en place. La stratégie nationale de recherche et d'innovation sera l'équivalent du Grenelle de l'environnement dans le domaine de la recherche. Pour la première fois, tous les représentants du monde économique, de la recherche publique et du monde associatif vont se réunir autour de la même table et se parleront directement. Ils débattront de sujets clés portant sur l'avenir de la recherche et de l'innovation en France. Nous voulons dépasser les clivages entre recherche fondamentale et recherche privée.
A l'issue du processus, nous aurons un document de référence qui fixera les priorités de recherche pour les 5 prochaines années, qui sera la clef de voûte de la politique scientifique de la France.
Que contiendra ce document ?
Le document décrira les forces et faiblesses de notre recherche publique et privée. Il définira au vu de ce constat les grandes orientations de recherche qui doivent être renforcées. Ces conclusions seront le fruit des réflexions des 9 groupes de travail qui ont déjà commencé à se réunir. Chaque groupe est chargé d'un secteur disciplinaire ou d'une thématique transversale : sciences du vivant, de l'environnement , des matériaux, ... dans leur contexte européen et mondial. Un groupe est particulièrement dédié à l'innovation : comment développer les PME innovantes ? comment renforcer l'interaction entre les entreprises et les chercheurs ? La réflexion de tous ces groupes se fera autour des grands défis sociétaux auxquels la recherche doit répondre : santé , qualité de vie, énergie et développement durable, ...
Décidément l'Etat est de retour. Vous voulez piloter la recherche ?
Non, notre rôle est de réunir tous les acteurs pour qu'à partir de leur regard croisé, nous définissions ensemble les grandes priorités de recherche. Le comité de pilotage est constitué de chercheurs, parlementaires, chefs d'entreprise de toutes tailles .... Avant le lancement officiel, des contacts informels ont eu lieu et le résultat est déjà extraordinaire : une meilleure compréhension mutuelle. Ces personnes ne se sont jamais parlé jusque-là sans l'interface de l'administration. En fonction des résultats de ce travail, le ministère de la recherche saura où doit intervenir le financement public. Nous aurons les moyens pour hiérarchiser nos interventions. Nous avons trop fonctionné par focus successifs, en fonction de l'actualité. A l'issue de ces travaux, les chercheurs et les entreprises auront une feuille de route pour les 5 ans à venir. Cela va améliorer leur travail et cela aura des retombées pour tous.
Est-ce une demande des entreprises ?
Tous les grands chefs d'entreprise que je rencontre me disent la même chose : nous n'avons pas une assez bonne idée de la recherche effectuée dans les organismes et les universités. La méconnaissance est telle qu'un industriel a par exemple mis plus de six mois pour trouver la bonne équipe de recherche universitaire sur la pile électrique. Autre exemple : Axa a créée un fonds pour la recherche et l'enseignement supérieur. Or, très peu de chercheurs savent que leur recherche peut intéresser Axa qui finance des projets en matière d'inondations ou de réchauffement climatique, pour mieux appréhender les risques.
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