Il défend les couleurs d'Heineken
Le 01 avril 2004 par SYLVIE LEBOULENGER | L'Usine Nouvelle n° 2911Un « Frenchie » à la tête d'une marque internationale de bière ! De mémoire de brasseur étranger, on n'avait jamais vu ça. La bière n'est pas une boisson typique de l'Hexagone (sauf dans le Nord). Qui plus est, les Français sont souvent perçus comme des cocardiers peu enclins à quitter leur patrie. Ces deux idées reçues n'ont pas gêné Heineken. Le groupe néerlandais vient de choisir Pascal Gilet, 40 ans, pour le poste de directeur marketing. Depuis Amsterdam, il va prendre en main la destinée d'une signature dont le logo vert est lisible dans 170 pays.
Cette nomination marque avant tout la reconnaissance d'un travail de quatre années en France. « Avec mon équipe », tient-il à souligner. Ce titulaire d'un MBA de l'Essec a redoré le blason d'Heineken grâce à un emballage innovant : la bouteille en aluminium. Commercialisée en 2002 dans les bars branchés, elle a dopé les ventes. L'an dernier, alors que le marché français de la bière perdait 2 %, Heineken a progressé de 6 % ! Remarquée au siège, cette nouveauté a dépassé les frontières hexagonales. Pour toutes les destinations, l'embouteillage reste confié au site de Mons-en-Baroeul (Nord). Un succès pour Pascal Gilet, qui, avant de rejoindre le numéro 4 mondial de la bière, s'était entraîné chez Kraft Foods France où il avait déjà boosté les ventes de confiserie grâce à des publicités remarquées.
A Amsterdam, il commence une nouvelle aventure.
Le 1er mars, tout était prêt pour son arrivée. La cellule dédiée aux expatriés lui a déniché une maison et a simplifié les démarches administratives. De fait, les Hollandais ont une vraie culture de l'expatriation due à la petite taille de leur pays. Cette particularité donne une dimension très cosmopolite aux entreprises. D'ailleurs, l'équipe de Pascal Gilet se compose d'un Canadien, d'un Irlandais, d'un Néo-zélandais et de deux Américains.
Jusqu'à présent, ce Français n'a quitté son pays que deux fois pour raisons professionnelles. Etudiant, il fit un stage au Japon. Quelques années plus tard, son service militaire en entreprise l'emmena en Chine. Aujourd'hui, le nombre de bagages augmente : il est parti avec femme et enfants.











