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IFA 2010 : la folle ruée vers les tablettes sous Android

Le 03 septembre 2010 par Christophe Dutheil
Samsung Galaxy Tab
Samsung Galaxy Tab
© Samsung

Archos, Hannspree, Samsung, Toshiba, ViewSonic... On ne compte plus les constructeurs venus présenter leurs premières tablettes tactiles sous Android, le système d'exploitation de Google, sur le salon IFA de Berlin. Le succès de l'iPad fait des envieux. Mais y aura-t-il de la place pour tout le monde ?

« Il va y avoir des morts », s'exclame Adam Leach, analyste du cabinet Ovum, lorsqu'on l'interroge sur les nombreuses tablettes tactiles présentées à l'occasion de l'IFA 2010, la grand messe européenne de l’électronique grand public, organisée à Berlin du 3 au 8 septembre 2010. « Le marché des tablettes tactiles est de plus en plus encombré et c'est un pari assez risqué pour un fabricant que de se lancer aujourd'hui », explique-t-il, en insistant sur le fait qu'il « est impossible que tous les fournisseurs gagnent de l'argent », surtout s'ils se contentent de sortir des « clones » et peinent à « se différencier » de l'iPad.

Une offre pléthorique

Le pari vient pourtant d'être relevé par nombre d'entre eux, qui voient dans Android, le système d'exploitation open source de Google, un « challenger de plus en plus sérieux de l'iPad d'Apple », selon Bertrand Jonquois, directeur général de l'agence française de marketing mobile Nemo Agency. Pour lui, « le marché est émergent mais on voit bien qu'Android prend de l'importance et est aujourd'hui le deuxième choix des annonceurs qui s'intéressent aux tablettes ».

Les constructeurs ne s'y sont pas trompés. Après les récentes annonces d'Orange ou encore de Dell (avec le Streak), le français Archos a ajouté à sa gamme de produits pas moins de cinq tablettes sous Android 2.2 (Froyo) juste avant l'ouverture du salon de Berlin. Et depuis, l'avalanche de tablettes sous Android ne semble pas s'arrêter : les participants au salon ont entre autres pu découvrir la ViewPad 7 de l'américain ViewSonic (une ardoise équipé d'un écran de 7 pouces dont le prix ne devrait pas dépasser 420 euros) ; la Folio 100 de Toshiba (10,1 pouces, 399 euros) ; la très attendue Samsung Galaxy Tab (7 pouces), dont le prix n'a pas encore été communiqué ; et une première tablette de 10,1 pouces (399 euros) chez Hannspree, un fabricant d'écrans et de téléviseurs.

Des innovations sortent du lot

Trop de tablettes Android risque-t-il de tuer les tablettes Android ? « la bonne nouvelle c'est qu'il y a des innovations très prometteuses qui émergent de tout cela », s'enthousiasme Bertrand Jonquois. Il souligne notamment « des évolutions intéressantes en ce qui concerne la taille des terminaux ou l'intégration de nouvelles fonctionnalités de téléphonie proches de celles des smartphones ». Parmi les « bons élèves », Samsung a fait sensation. A mi-chemin entre un smartphone et l'iPad, sa nouvelle Galaxy Tab ne pèse que 380 grammes - contre 680 grammes pour la tablette d'Apple - et elle permet de passer des appels, d'envoyer des e-mails ou d'utiliser un système de visioconférence.

Des prix « bas » pourraient aussi être décisifs pour le succès des tablettes sous Android, selon Adam Leach : « Apple est clairement positionné sur le haut de gamme et, compte tenu de son image de marque, ses concurrents devront offrir des avantages tarifaires pour le concurrencer ». En promettant de distribuer sa nouvelle tablette par l'intermédiaire des opérateurs télécoms, Samsung pourrait trouver sa place : « On peut imaginer que les opérateurs subventionneront les tablettes qu'ils commercialiseront pour gagner de nouveaux abonnés ».

Enfin, si le nombre d'applications disponibles en téléchargement est plus important sur la place de marché d'Apple que sur celle de Google, « ce n'est pas nécessairement un handicap pour les terminaux sous Android », d'après l'analyste d'Ovum. « Ce n'est pas le nombre d'applications qui compte mais leur qualité. Or, avec les extensions pour Android de ses applications Web, Google marque actuellement des points auprès des utilisateurs ».

Christophe Dutheil



 

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