Ici, les robots envahissent la maison 

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3322
Aujourd’hui, un réseau de capteurs peut détecter une chute. Demain, c’est un robot qui portera assistance.
Aujourd’hui, un réseau de capteurs peut détecter une chute. Demain, c’est un robot qui portera assistance.
© CNRS

À Toulouse, des chercheurs du CNRS testent nos futurs modes de vie dans l’habitat. Les dispositifs numériques interconnectés y ont une place centrale.

Au milieu des bâtiments gris du campus universitaire toulousain, l’édifice fait figure d’ovni avec sa peau de panneaux photovoltaïques. Inaugurée en juillet 2012, cette extension du Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (Laas) du CNRS est le théâtre d’un ambitieux projet. "Nous étudions ce que sera notre cadre de vie dans dix ans en reliant le monde réel et ses objets au monde virtuel et son informatique", résume Michel Diaz, directeur de recherche CNRS et coordinateur du projet Adream, qui rassemble 150 chercheurs de différentes disciplines (énergie, robotique, électronique). 

Ici, ni chauffage ni climatisation… Le bâtiment, qui a nécessité 5 millions d’euros d’investissements, est à énergie positive. Il combine plusieurs sources d’énergie pour un total de 100 kilowatts crête : photovoltaïque (720 m2), géothermie peu profonde et puits canadien. Une combinaison unique ! 

L’un des volets clés du projet Adream consiste à optimiser le rapport entre production, consommation et stockage d’énergie renouvelable et à tester la notion de smart grid. Avec une originalité : les chercheurs sont leurs propres cobayes. "Nous travaillons dans ce bâtiment, donc nous savons s’il y fait trop chaud ou trop froid. Nous ne sommes pas déconnectés de la réalité", sourit Corinne Alonso, professeur à l’université Paul Sabatier de Toulouse, en sortant d’une réunion avec des ingénieurs de Total. Le bâtiment sert de lieu d’expérimentation pour les industriels. Le pétrolier teste ainsi, sur le toit, des technologies photovoltaïques. À l’intérieur, les chercheurs ont reconstitué un appartement.

Un bâtiment unique en Europe

Une équipe s’affaire autour d’un petit robot américain dans le salon. "Look at me", "come to me", "check the cassette", lui lance successivement un jeune chercheur. À chaque fois, PR2 s’exécute. Il est capable d’évaluer l’espace nécessaire pour réaliser une tâche ou la position d’un humain. Grâce à lui, les chercheurs étudient la relation entre les hommes et les robots, voués à devenir des compagnons au quotidien.

Dans la chambre, un chercheur tombe sur le sol. Quelques secondes plus tard, une alarme retentit. Grâce à un réseau de capteurs à infrarouge répartis dans l’appartement, son inactivité a été détectée. L’équipe de domotique médicale d’Éric Campo travaille ici sur des applications visant à aider des personnes dépendantes. "Dans dix ans, ce ne sera plus de la science-fiction", affirme le professeur. Demain, des robots autonomes et interactifs pourront aussi être connectés à ce dispositif et apporter un téléphone ou un verre d’eau à la personne en difficulté.

À côté, dans le bureau, un autre programme de recherche bat son plein : la communication "machine to machine". On allume une lampe en s’asseyant sur un fauteuil. "Trop cool", chuchote à son voisin un collégien venu avec sa classe assister à la démonstration. Le principe ? Un capteur de luminosité installé sous le siège (avec un capteur de poids) détecte une faible luminosité. L’information est envoyée à un microcontrôleur communiquant en Wi-Fi, qui déclenche l’allumage de la lampe. Les premières applications ? De possibles économies d’énergie des appareils domestiques.

"Nous sommes les seuls en Europe à posséder un bâtiment avec toutes ces activités intégrées. Demain, notre objectif sera de les connecter dans des systèmes autonomes", précise Michel Diaz. Mais aussi de les relier avec d’autres programmes de recherche du Laas (matériaux de stockage d’énergie, réseaux de capteurs sans fils autonomes en énergie…). Avec un défi supplémentaire : collaborer avec des sociologues pour comprendre l’acceptabilité de ces technologies. Dans la vraie vie des "vrais gens".

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