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IBM, les syndicats dénoncent une politique salariale qui aligne « des années de perte du pouvoir d'achat »

18/07/2008
La direction a proposé hier, 17 juillet, une enveloppe globale d'augmentation individuelle 2008 de 2 %  (dont 0.3 % consacré au rattrapage des minimums conventionnels) et qui ne concernera qu'un salarié sur deux. Les augmentations générales, elles, ne sont toujours pas à l'ordre du jour, malgré les demandes des syndicats.

De nombreuses grandes entreprises les ont rétablis cette année compte-tenu d'une inflation estimée à 3.6 %. Mais les multinationales d'origine américaine sont culturellement hostiles aux hausses collectives et cette politique a cours dans d'autres entreprises américaines bien implantées en France comme Microsoft ou HP.

Ni intéressement, ni participation

« IBM méprise ses salariés », dénonce la Cfdt d'IBM au lendemain d'une réunion qu'elle qualifie de « pseudo-négociation annuelle obligatoire ». Selon l'un des membres de l'intersyndicale, la réunion d'ouverture de ces négociations s'est soldée par un constat de désaccord. Le même jour, le PDG de la firme d'Armonk, Samuel Palmisano, commentant les résultats du deuxième trimestre a déclaré : « IBM a réalisé un premier semestre 2008 formidable. Les résultats attestent la capacité de l'entreprise à bien manœuvrer sur les marchés émergents comme sur les marchés matures. »

Les représentants des salariés des « marchés matures », comme la France, sont excédés de voir que la hausse des bénéfices profitera aux actionnaires et non aux salariés. Le bénéfice net du deuxième trimestre s'est élevé à 2.76 milliards de dollars, en hausse de 22.3 % sur un an et même à 32 % si l'on exclut un gain exceptionnel intervenu lors du deuxième trimestre 2007. Pour justifier, face à ces bons résultats, la modération salariale, la direction estime que l'enveloppe des années précédentes était au dessus de l'inflation. Effectivement l'enveloppe 2007 s'est élevé à 2,2 %, alors que l'inflation était de 1,2 % selon l'Insee. Mais l'an dernier également le pourcentage de salariés augmentés était de 50 %.

Pour Jean-Michel Daire délégué syndical CFDT, « cette politique conduit à une perte de pouvoir d'achat pour de nombreux salariés qui peuvent ainsi rester au même salaire plusieurs années. » Les salariés d'IBM ne touchent pas de participation et il n'existe pas d'accord d'intéressement. La direction a mis en place un système de prime variable annuelle lié à la performance des collaborateurs et de l'entité dont le mode de calcul est opaque selon les syndicats et l'enveloppe déterminé par le siège américain. Cette prime tourne entre 2 et 6 % du salaire annuel, mais ne concerne pas tous les salariés. L'intersyndicale prévoit de lancer des arrêts de travail à la rentrée sur le sujet des augmentations.

Anne-Sophie Bellaiche


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