Hydrogène, algues et mobiles : la révolution passe par Emertec
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Avec 60 millions d'euros, le fonds d'investissement Emertec 4 s'était fixé l'objectif de lancer des technologies dites « de rupture ». Il dévoile ses premières perles.
« J'ai toujours été étonné de la façon dont se fait la genèse et la propagation de l'innovation » introduit en fanfare Bernard Maître, président du directoire d'Emertec Gestion. « Si l'on regarde l'industrie pharmaceutique, finalement, rien de nouveau sous le soleil depuis les antibiotiques ! Des milliers de chercheurs très bien payés ont fait ce qu'ils savaient faire : de la chimie. Ils cherchaient la lumière sous leur réverbère. Alors que la révolution est venue de la biologie, avec les biotech développées par chercheurs et start-up tenaces.» Et de poursuivre : « Pourquoi les grands des télécom n'ont-t-il rien compris à Internet ni à la guerre des moteurs de recherche, laissant un boulevard à Cisco, et divisant leur titre en bourse par 25 ? Pourquoi l'industrie du disque a-t-elle mené un combat d'arrière-garde durant 10 ans, laissant le champ libre à Itunes ? » Bref, « quand il y a des ruptures technologiques, même les gens les mieux placés ont du mal à y comprendre quelque chose. »Open innovation. Et c'est bien pour cela qu'a été créé le fonds Emertec 4, singulier mélange d'industriels, d'entrepreneurs et d'institutions hautement versés en nouvelles technologies, destiné à faire le lien entre les inventeurs et leur marché.
Loin du modèle des fonds indépendants financés par des investisseurs institutionnels, en quête du nouveau Microsoft : « trop risqué, trop cyclique », pointe Bernard Maître, « quand la bourse se grippe, impossible de lever des capitaux sur des sociétés risquées, de croissance ».
Loin aussi du modèle « corporate venture », mis en place par des groupes industriels en vue d'acquisitions futures : « trop problématique d'avoir une équipe de venture en interne d'une grande boîte, monoculturelle » et donc peu ouverte aux idées surgies de nulle part, souligne Bernard Maître. Autre problème des corporate venture, « si Schneider venture a investi dans une boîte, difficile ensuite de se vendre ailleurs, Schneider ayant un droit de préemption ».
A cela, Emertec préfère son modèle d' « open innovation », pratiquant allègrement le mélange des genres au service de l'excellence.

Côté public, la CDC et le CEA mettent respectivement 20 et 15 millions d'euros au pot. Côté industriel, GDF Suez, Alstom et Sofiproteol se sont laissés convaincre, mais on y compte aussi la Banque populaire des Alpes, ou la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes côté banques. Et si un industriel membre du tour de table souhaite un jour racheter l'entreprise que son fonds a lancée, il n'a aucun privilège, contrairement à ce qui se pratique dans le cadre d'un corporate venture : il doit y mettre le prix comme n'importe quel autre acquéreur. « Quand un entrepreneur vient nous voir, on lui apporte le meilleur des industriels sans le pire : on lui garantit son indépendance » résume le président du directoire.
Le 4 février, le fonds a révélé ses trois premiers élus :
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La CDC et le CEA débusquent des pépites vertes avec 60 M €, le 15/12/2008
Montage photo réalisé par la rédaction, crédit Reuters et Emertec

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