Le président de la République a reçu sur son lieu de vacances la délégation "Citoyens Entrecasteaux", qui milite contre l'exploitation de gaz de schiste en France, afin d'entendre leurs arguments.
A quelques encablures de la conférence environnementale organisée par le gouvernement les 14 et 15 septembre prochains, le président François Hollande a joué l'apaisement sur le sujet controversé des gaz de schiste en recevant le 15 août une délégation de citoyens sur son lieu de vacances, au fort de Brégançon, dans le Var.
Un collectif qui s'est exprimé contre l'exploitation de ces gaz d'origine naturelle en France, quelques semaines après la levée de boucliers suscitée par les propos du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg sur le sujet.
"(Le président) nous a entendus, (...) très bien reçus, cela s'est passé de façon très conviviale. Il a été à l'écoute, on a pu discuter tranquillement et je pense qu'il va se pencher sur le dossier, réellement", a indiqué Yvan Daluzeau, porte-parole de la délégation "Citoyens Entrecasteaux", à l'AFP.
"Au mois de novembre, il devrait y avoir des forages qui vont commencer en région parisienne" a souligné ce militant, avant d'ajouter "aujourd'hui, on assiste à un recul aux Etats-Unis et au Canada, donc pour nous (l'exploitation du gaz de schiste, NDLR) ce n'est pas possible, c'est une ineptie".
"La fracturation hydraulique restera totalement interdite", a-t-il déclaré sur France Info à l'issue de l'entrevue, en citant le président de la République. "Tant qu'il n'y aura pas de techniques sûres, il ne se passera rien".
Le Parisien rapporte qu'Yvan Daluzeau a également déclaré avoir demandé à François Hollande un moratoire sur des forages de prospection qui doivent débuter prochainement en Seine-et-Marne en attendant une refonte du code minier que le gouvernement s'est engagé à mener à terme. "Il nous a assuré que cette refonte se ferait dans les semaines qui viennent", a-t-il dit.
Une position à éclaircir au sein même du gouvernement
La France a officiellement interdit, depuis le 13 juillet 2011, la fracturation hydraulique en France. Cela signifie que toute exploration et exploitation des gaz de schiste est impossible.
Du côté du gouvernement, Arnaud Montebourg juge que ce débat doit être sereinement relancé en tenant compte de l’évolution des technologies, rapportant ainsi l’avis des énergéticiens, des raffineurs, des chimistes et des métallurgistes... Autre son de cloche du côté de Delphine Batho, la ministre de l’Environnement, qui estime que rien ne permet d’envisager une exploration sûre à l’avenir et que la fracturation restera interdite en France. Elle se rallie ainsi à l’avis des associations écologistes.
Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a confirmé que la technique de la fracturation hydraulique resterait interdite en France, sans toutefois se prononcer sur l'exploration des gaz de schiste.









