Heuliez : le dénouement
Par Barbara Leblanc - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3200BGI entend positionner l'entreprise charentaise comme pur sous-traitant en carrosserie. Il laisse l'activité électrique à un allemand.
Le tribunal de commerce de Niort a tranché le 30 juin. Après des mois d'incertitudes sur l'avenir du site Heuliez, situé à Cerizay dans les Deux-sèvres, les groupes Baelen Gaillard Industrie et ConEnergy, associés à Kohl ont été désignés repreneurs en lieu et place de Bernard Krief Consulting (BKC), dirigé par Louis Petiet.
D'un côté, le groupe allemand ConEnergy a repris la fabrication de l'ex-Heuliez Véhicule Électrique dans une nouvelle entité appelée Mia, du nom même de la petite voiture électrique développée en interne par l'entreprise de Cerizay. De l'autre, BGI a créé Heuliez SAS, spécialisée dans les activités traditionnelles d'Heuliez (emboutissage, ferrage, carrosserie). Pour ce groupe industriel français, l'objectif est simple : redonner à l'entreprise son statut de carrossier de renom. « Nos clients doivent comprendre que nous ne sommes pas un concurrent pour eux, mais bien un sous-traitant », explique François de Gaillard, un ancien d'Heuliez, aujourd'hui à la tête de BGI (125 millions d'euros de chiffre d'affaires). Il se donne deux ans pour rétablir la confiance auprès des salariés et des donneurs d'ordres. Soit le temps nécessaire pour diversifier les activités du groupe, dans l'aéronautique et le ferroviaire. Des secteurs sur lesquels travaillaient ponctuellement Heuliez. En effet, l'automobile ne suffit pas à elle seule à charger l'usine.
En apportant 10 millons d'eu-ros sous forme de cash et de prêts et en préservant 485 emplois, BGI en-tend jouer à plein la synergie de compétences entre l'ex-Heuliez et les entités actuelles de son groupe. L'industriel apportera notamment un portefeuille de clients dans les milieux agricoles et du BTP (voir L'U.N. n°3195 du 3 juin 2010). « En réunissant nos deux entreprises, nous allons joindre nos activités de carrosserie et d'emboutissage et être plus performants », assure François de Gaillard, qui entend conquérir des clients comme EADS, PSA Peugeot Citroën, Renault ou Bombardier.
Cette stratégie sera soutenue par des aides. Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie, a annoncé un coup de pouce de 10 millions d'euros sous forme de primes à l'aménagement du territoire. Le Fonds stratégique d'investissement ne sera, a priori, pas partie prenante dans le montage financier du nouveau groupe.

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