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Heuliez doit abdiquer pour mieux rebondir

Par Carole Lembezat - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3193

Alors que les péripéties se suivent dans le dossier Heuliez, le redressement judiciaire semble être la voie de salut la plus souhaitable pour le carrossier.

Difficile d'y voir clair dans le dossier Heuliez ! A l'heure où nous imprimions, lundi 17 mai, on ne savait toujours pas si la direction du carrossier allait demander ou pas le placement en redressement judiciaire du holding de tête Heuliez Concord et de l'une de ses filiales Heuliez New World (lire l'encadré). Le matin même, les dirigeants annonçaient en comité d'entreprise qu'ils avaient pris rendez-vous avec le tribunal de commerce de Niort. Quelques heures plus tard à peine, ils y renonçaient... Mais se réservaient le droit de changer d'avis le lendemain ! Ce même scénario à rebondissements s'était produit dix jours plus tôt, avec l'annonce du placement en redressement judiciaire, puis le désistement dès le jour suivant.

UN REPRENEUR ENCORE INCONNU

Malgré ces tergiversations, la cessation de paiement, donc le redressement judiciaire, semble inéluctable. Le passif est de 15 millions d'euros selon le mandataire ad hoc Régis Valliot. Le paiement des salaires - réalisé en deux fois pour la paye du mois d'avril - ne peut plus être assuré. Et nombre de fournisseurs demeurent impayés. La procédure permettrait donc d'apurer ce passif, tout en maintenant l'activité et l'emploi dans l'entreprise, au cours d'une période d'observation définie par le tribunal.

Un laps de temps durant lequel les repreneurs potentiels pourraient se manifester. Charge au tribunal ensuite, d'examiner les dossiers et de désigner le projet qui lui paraît le plus opportun pour l'entreprise. « Le fonds Delamore et Owl est le bienvenu dans la compétition ! », martèle Régis Valliot. Ce fonds d'investissement anglo-malaisien avait en effet regretté dans le quotidien « Les Echos » que son offre de 25 millions d'euros ait été « injustement écartée ». C'est avec lui que la direction était en discussion lundi 17 mai, croyant encore à une issue possible sans passer par la case tribunal. « Il semblerait qu'il soit capable d'investir sans examiner les comptes de l'entreprise. Je n'ai jamais vu ça de ma vie ! », s'étonnait le mandataire ad hoc.

Ce dernier est de son côté favorable à une offre franco-allemande. Un industriel français, dont le nom est gardé secret, se proposerait de reprendre Heuliez New World, tandis qu'un investisseur allemand rachèterait les titres d'Heuliez Véhicule électrique, qui changerait de patronyme et deviendrait l'un des clients du premier. Sans passage par le tribunal de commerce, cette offre devient caduque.

Quelle que soit l'identité du nouvel investisseur, il faudra qu'Emilio Galluccio et Didier Picot, les actuels dirigeants de l'entreprise, ainsi que Louis Petiet son actionnaire, démontrent qu'ils sont en mesure de payer les créanciers, le 26 mai. Date à laquelle ils sont convoqués par le tribunal de commerce qui s'est autosaisi du dossier... La saga Heuliez est loin d'être finie


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