Hervé Gisserot, un nouveau porte-parole pour les industriels du médicament

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Hervé Gisserot - Leem
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C’est, sans surprise, le patron Europe du laboratoire GSK qui vient d’être élu à la tête du Leem. Une personnalité qui compte imprimer sa marque à la tête du syndicat de l’industrie pharmaceutique.

Faute de disposer d’une représentation syndicale audible, les entreprises du secteur de la cosmétique l’envie. Depuis l’élection en 2006 de Christian Lajoux à la présidence du syndicat des Entreprises du médicament (Leem), l’industrie pharmaceutique avait trouvé sa voix. Affaire du Mediator, réforme du système du médicament il y a un an, projet de budget de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2013 : ces derniers mois, Christian Lajoux avait été de tous les débats. Défendant haut et fort les intérêts d’une industrie qui se dit toujours en manque de reconnaissance. Au terme de trois mandats, celui qui est également président de Sanofi France a décidé de laisser sa place. Offrant un spectacle qu’on n’avait pas vu depuis dix ans, relevait Le Monde : l’affrontement de deux candidats à la présidence du Leem.

Au terme de plusieurs mois de campagne, c’est Hervé Gisserot, ex PDG de la filiale France du laboratoire anglais GlaxoSmithKline, qui a été élu ce mardi par le Conseil d’Administration du Leem, pour deux ans. A 48 ans, ce diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, qui a réalisé toute sa carrière dans l’industrie pharmaceutique en France et aux Etats-Unis, devra trouver le temps d’enfiler l’habit de président du Leem. Car depuis septembre dernier, il est senior vice-président de GSK, en charge d'une zone européenne comprenant 15 pays dont la France et le Royaume Uni. Sa nomination n’est pas une surprise : très dynamique, il a multiplié les prises de paroles ces derniers mois sur l’avenir de son industrie (cf. encadré sur sa participation au colloque de la Haute Autorité de Santé). Et il représente un laboratoire, qui a récemment investi massivement dans ses sites de production français, comme à Saint-Amand-Les-Eaux et Notre-Dame-de-Bondeville.

Défendre une industrie pharmaceutique française en récession

Face à lui, Patrick Errard, directeur général de la filiale France du laboratoire japonais Astellas Pharma avait un profil plus atypique : écrivain, il avait exercé son métier de médecin gastro-entérologue durant quatre ans avant d’intégrer l’industrie pharmaceutique. Mais aurait pu apporter un éclairage intéressant face à la montée en puissance des laboratoires pharmaceutiques asiatiques dans le paysage mondial.
Néanmoins, leurs programmes s’inscrivaient tous deux dans la droite lignée de la stratégie impulsée par Christian Lajoux. Appeler à une fiscalité plus lisible et moins lourde envers les laboratoires, car elle dissuaderait actuellement les investissements et la production dans l’Hexagone. Renégocier prochainement un accord-cadre équilibré entre industriels et pouvoirs publics. Et fixer des prix et remboursements de médicaments plus élevés afin de valoriser l’innovation. Hervé Gisserot n’hésite d’ailleurs pas à préconiser "une rémunération à la performance, plutôt qu'à l'acte. Les prix des médicaments pourraient ainsi évoluer en fonction de leurs résultats dans la vie réelle".

Pour le nouveau président du Leem, les enjeux qu’il aura à défendre sont en tout cas considérables : pour la première fois de son histoire, l’industrie pharmaceutique est entrée en récession en France cette année. Et les plans sociaux s’y multiplient…

Hervé Gisserot et les Etats Généraux de la Santé
Deux semaines avant son élection à la présidence du Leem, c’est une intervention musclée qu’a réalisée Hervé Gisserot, lors du Colloque sur l’évaluation économique en santé organisé par la Haute Autorité de Santé (l’organisme qui évalue notamment l’admission au remboursement des médicaments). Avec sa casquette de président du LIR (l’association des Laboratoires Internationaux de Recherche), Hervé Gisserot n’a pas hésité à demander "des Etats Généraux de la santé". Seul moyen selon lui d’adresser concrètement les problématiques du financement du système de soins et de la santé publique en France. L’idée est séduisante. Reste à s’assurer qu’elle ne fera pas doublon avec le Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), un rendez-vous initié par Nicolas Sarkozy réunissant tous les deux ans industriels et gouvernement, que Jean-Marc Ayrault a dit vouloir reconduire. Sans oublier le Comité stratégique de filière des industries de technologies de santé, qui devrait se réunir en début d’année prochaine sous l’égide d’Arnaud Montebourg.


Gaëlle Fleitour

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