Heinz va s'emparer de Bénédicta
Le 03 juillet 2008 par Redaction L'Usine Nouvelle
La mayonnaise Bénédicta va bientôt assaisonner la gamme de ketchups Heinz. La société américaine a annoncé son intention d'acquérir le numéro deux français des sauces froides, propriété de Axa Private Equity, qui était également convoité par Lesieur.
Cette opération, dont le montant n'est pas divulgué, entre dans le cadre de la stratégie de Heinz qui consiste à recentrer son portefeuille de produits autour de trois segments : ketchup et sauces, alimentation infantile, et plats préparés. Heinz a cédé en 2006 ses activités produits de la mer (dont Petit Navire) à Lehman Brothers, et concentre depuis ses investissements dans son cœur de métier.L'acquisition de Bénédicta permettra également à l'entreprise de développer sa présence en France, où Heinz vend surtout du ketchup. L'activité alimentation infantile n'est pas représentée dans l'Hexagone, et le segment plats préparés se résume à la commercialisation de surgelés sous la marque Weight Watchers. La France a généré 80 millions d'euros de chiffre d'affaires pour le groupe l'année dernière, soit 1,3 % de ses revenus mondiaux.
Bénédicta, numéro un des sauces crudités épicerie (34,4 % de parts de marché en volume de janvier à juillet 2007) et numéro deux des mayonnaises derrière Amora (19 % de parts de marché en volume sur la même période), a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires de brut de près de 130 millions d'euros.
« Bénédicta est une marque très connue, qui a su développer des produits innovants, comme les sauces à réchauffer au micro-onde. Ses mayonnaises sont des produits de premier plan. Cela va nous donner plus d'assise sur le marché des sauces en France », explique Philippe Dufraisse, directeur administratif et financier de Heinz France.
Sur ce marché, dynamisé en ce moment par les « sauces dip », les gammes de Heinz et de Bénédicta sont complémentaires. Heinz n'aurait donc pas l'intention de supprimer des lignes de produits. Pas de suppressions d'emploi non plus, a priori. « Ce n'est pas notre volonté », déclare Philippe Dufraisse. Heinz, qui ne possède pas d'usine en France, pourrait même fabriquer ultérieurement certains de ses produits dans les usines de Bénédicta.
Bénédicta emploie 235 personnes et possède deux sites de production en France : à Seclin (Lille) pour les mayonnaises et les sauces, et Pont de Briques (Boulogne sur mer) pour la moutarde. L'entreprise, qui est également le distributeur exclusif des huiles d'olive Carapelli en France, a été rachetée en juillet 2005 par Axa Private Equity à Barclays Private Equity et ABN Amro Capital France, pour environ 60 millions d'euros. Eux-mêmes l'avaient acquise auprès de Unilever en 2000, suite au rachat par le groupe agroalimentaire de Amora-Maille en septembre 1999. La Commission européenne avait obligé Unilever à céder cette filiale pour cause de position dominante sur le marché.
C'est la banque d'affaires Close Brothers qui a conseillé Axa Private Equity dans son projet de cession. La transaction doit encore recevoir l'avis du comité d'entreprise et des autorités de la concurrence.
Raphaële Karayan

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