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Haviland: le Tribunal de Limoges se prononce pour la continuation

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

Social


Le Tribunal de Commerce de Limoges s'est prononcé, hier après midi, en faveur du plan de continuation présenté par Prosper Amouyal, président de la société d'investissements Médipar (Méditerranée Participation), qui a racheté les parts de la société financière à la tête du porcelainier limougeaud.
Près de 150 des 310 salariés, en grève depuis lundi matin, avaient fait connaître leur désaccord vis à vis du plan de continuation, en défilant dans les rues de Limoges au cri de "Haviland t'es vivant".
Le plan de continuation prévoit la suppression d'une centaine d'emplois et le remboursement des créances sur dix ans, à raison d'un million d'euros par an.
Les salariés ont laissé éclater leur mécontentement à l'annonce de la décision du Tribunal, en tournant le dos au président. Ils ont fait savoir qu'ils comptaient interjeter de cette décision.
A l'issue de l'examen du plan de continuation, lundi, Prosper Amouyal déclarait à la sortie du tribunal, "mon plan est le seul à pouvoir sauver Haviland. Je tiens à cet outil et je pense qu'il faut lui redonner son prestige. Je mise sur le développement de la partie luxe et les exportations, notamment vers les Etats Unis, parce c'est ça mon métier". Seul le plan de continuation intègre les créanciers.
Fondée en 1842 Haviland avait été placée en redressement judiciaire avec poursuite d'activité, le 26 mai, en raison d'une dette de 12 millions d'euros.
Outre le plan de continuation, quatre plans de cession étaient en lice. Trois avaient obtenu un avis favorable du comité d'entreprise, la semaine dernière. Les salariés s'étaient, à l'inverse, massivement prononcé contre le plan de continuation, craignant pour l'avenir de l'entreprise et de leurs emplois.
Dominique Damon, ex PDG de Rhône Poulenc Chimie et de Danone Suisse, comptait sauver 160 des 310 emplois, en apportant des fonds personnels, après avoir eu "un coup de cœur pour la marque". Son projet avait remporté la faveur des salariés, malgré le nombre important de suppressions de postes.
Une reprise en scop (société coopérative ouvrière de production), soutenue par le président de l'Union régionale des scop Limousin-Berry Didier Bayle, avait également séduit des salariés. Le désistement de deux des trois banquiers prévus rendait, au final, le financement incertain.
Un troisième plan de reprise avait été présenté par le porcelainier berrichon Pillivuyt avec le maintien de 205 emplois, ce qui l'aurait positionné numéro 3 du secteur. Enfin le fabricant de carrelage Janus n'a été entendu que très rapidement, lundi dernier, par le Tribunal de Commerce lors de la présentation de son plan de reprise.
De notre correspondante en Limousin, Corinne Mérigaud

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