Hausse ralentie de l'emploi au 3e trimestre, incertitude en 2011
Publié lePARIS (Reuters) - La reprise du marché du travail en France s'est poursuivie au troisième trimestre mais sur un rythme ralenti et cette tendance devrait se maintenir en 2011 pour ne permettre qu'une légère baisse du chômage, montrent les chiffres publiés jeudi par l'Insee et par Pôle Emploi.
L'emploi salarié marchand a augmenté de 0,1% sur la période juillet-septembre, annonce l'Insee, révisant à la baisse sa première estimation publiée le 16 novembre, qui donnait une hausse de 0,3%.
L'institut a comptabilisé 19.200 créations nettes de postes (44.600 en première estimation) dans les secteurs principalement marchands sur la période juillet-septembre, après 38.600 créations au deuxième trimestre.
L'emploi salarié marchand représentait ainsi 15.937.300 personnes fin septembre.
Sur un an, l'emploi salarié marchand progresse de 0,4%, ce qui équivaut à 69.300 créations de postes.
"Hors intérim, l'emploi se stabilise après avoir augmenté au deuxième trimestre (-3.200 postes ce trimestre après +11.000)", précise l'Insee.
La hausse dans les services hors intérim a ralenti, avec 14.200 créations d'emplois contre 30.100 sur avril-juin. Au total, la hausse de l'emploi dans le secteur tertiaire est revenue à 0,3% au troisième trimestre après 0,5% au deuxième.
Dans l'industrie, les suppressions d'emplois ont continué au même rythme qu'au deuxième trimestre (16.600, soit -0,5%, après 16.500).
L'emploi dans la construction s'est stabilisé, avec 800 suppressions de postes contre 2.600 sur avril-juin.
Pôle Emploi fait état pour sa part d'une hausse de 0,1% de l'emploi salarié au troisième trimestre, soit 20.200 créations de postes.
Les chiffres de Pôle Emploi ne correspondent pas exactement à ceux de l'Insee en raison d'un champ statistique différent, puisqu'ils concernent les entreprises affiliées à l'assurance chômage.
Sur un an (septembre 2009 à septembre 2010), l'emploi salarié affilié à l'assurance chômage affiche une hausse de 92.200 (+0,6%). Au total, l'emploi salarié dans l'ensemble des entreprises et établissements affiliées à Pôle Emploi ressort à 16.426.600 millions fin septembre, soit 331.000 de moins qu'au premier trimestre 2008, période du pic d'avant la crise.
94.000 CHÔMEURS DE MOINS AU MIEUX EN 2011
Toujours sur un an, l'industrie enregistre 81.500 suppressions de postes et la construction 10.900 tandis que le tertiaire enregistre 184.500 créations d'emplois.
Ce dernier chiffre inclut cependant les postes intérimaires. Si les missions d'intérim étaient réaffectées dans les secteurs où elles s'exercent, le bilan sectoriel sur un an serait modifié, explique Pôle Emploi: l'industrie enregistrerait une hausse de 0,1% de ses effectifs au lieu d'une baisse de 2,6%, la construction une progression de 0,2%, au lieu d'un recul de 0,7% et la croissance des effectifs du tertiaire serait divisée par deux, à 0,8%.
Sur la base des 80.000 créations nettes d'emplois enregistrées sur les neuf premiers mois de l'année, Pôle Emploi anticipe 93.000 créations sur l'ensemble de 2010, après 255.000 suppressions de postes en 2009.
Ce mouvement s'accompagne logiquement d'une décélération du chômage: l'augmentation mensuelle moyenne du nombre de chômeurs en catégorie A est tombée autour de 5.000 en octobre contre 30.000 environ en début d'année et plus de 40.000 au plus fort de la crise en 2009.
Toutefois, "les créations nettes d'emplois observées sur les trois premiers trimestres de 2010 restent faibles au regard des nouvelles entrées sur le marché du travail et ne permettent pas une baisse significative du chômage", reconnaît Pôle Emploi.
Pour 2011, l'organisme a retenu trois scénarios de croissance susceptibles d'avoir sur l'emploi et le chômage des conséquences sensiblement différentes: si la hausse du PIB atteint le chiffre de 2,0% prévu par le gouvernement, l'économie créerait 130.000 emplois, soit une hausse de 0,8%, et le nombre des demandeurs d'emploi de catégorie A diminuerait de 94.000.
A l'opposé, une croissance limitée à 1,2% en 2011 ne permettrait que 45.000 créations de postes et une diminution de 9.000 des effectifs du chômage. Dans le scénario intermédiaire, celui d'une croissance de 1,6%, Pôle Emploi table sur 88.000 créations d'emplois et une baisse de 52.000 du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A.
Selon les calculs de Reuters, ces chiffres permettraient de ramener le taux de chômage à 8,9% fin 2011 dans la meilleure des hypothèses mais à 9,2% seulement en hypothèse basse, contre 9,3% attendu à la fin de cette année.
Marc Angrand, édité par Patrick Vignal
Les articles liés :
Après la victoire, les défis de François Hollande
A peine arrivé à l’Elysée, François Hollande va devoir affronter une situation économique dégradée. Son principal enjeu : relancer au plus vite la croissance. Pas si simple. Il y a la liesse bien sûr. Celle propre aux grandes soirées […]
Après la victoire, les défis
À peine arrivé à l'Élysée, François Hollande va devoir affronter une situation économique dégradée. Son principal enjeu : relancer au plus vite la croissance. Pas si simple. Il y a la liesse bien sûr. Celle propre aux grandes soirées […]
Ce que prévoient les économistes pour 2012
Faut-il paniquer pour les mois prochains ? Alors que l'incertitude a rarement été aussi forte en Europe, L'Usine Nouvelle a recueilli le témoignage d'économistes du monde entier et leurs anticipations sur les perspectives d'activité pour […]

dans la même rubrique
26/05/2012 L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman26/05/2012 "Je suis fasciné par les technologies sans fil"
26/05/2012 La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle












