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GSK produit ses vaccins en France pour le monde entier

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Isolateur - GSK
© D.R. - GSK

A Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord-Pas-de-Calais, le britannique GSK inaugure enfin son site "secondaire" de vaccins. D'ici partiront la majorité des vaccins du groupe, vers 125 pays. Pour éviter tout risque de contamination, le laboratoire a multiplié les précautions.

Cinq ans de chantier, 600 millions d'euros investis… A Saint-Amand-les-Eaux (Nord), difficile de rater le nouveau site de production de vaccins de GSK dont les bâtiments s'étendent sur 25 000 m2. Un centre de production "secondaire", qui sera chargé de la formulation (mélange des différents ingrédients), du remplissage en flacons ou en seringues, de la lyophilisation et du conditionnement de 300 millions de doses de vaccins en 2014. Contre 30 millions de doses produites sur ce site (une ancienne usine du laboratoire Sterilyo, reprise par GSK en 2002) en 2008.

L'objectif de GSK ? Répondre à la "demande mondiale croissante de vaccins pédiatriques et adultes comme les vaccins contre la grippe, le cancer du col de l'utérus, le pneumocoque". Un marché sur lequel GSK est bien positionné. "Avec 29% de parts de marché, GSK Biologicals est le premier fournisseur mondial de vaccins devant Sanofi, insiste la strasbourgeoise Géraldine Vetterhoeffer, directrice du site de Saint-Amand depuis un an. Nous avons développé 30 vaccins, et en avons 20 en R&D. 70% de notre production part dans les pays en voie de développement, et nous ciblons actuellement les maladies infectieuses, comme le sida, le paludisme..."

Pas de risque de contamination biologique

Le site français prendra donc la suite de la production primaire d'antigènes (des virus et bactéries inactivées) réalisée en Belgique, Allemagne Hongrie et Singapour. Et devrait devenir une plateforme de premier ordre, en produisant la majorité des vaccins du groupe, à destination de 125 pays. Avec un chiffre d'affaires qui devrait atteindre une centaine de millions d'euros cette année, contre 76 millions en 2010.

Sera-t-il pour autant capable d'éviter les risques de contamination, plus élevés que dans la production pharmaceutique ? "Nous recevons des virus et bactéries qui ne sont plus vivants, il n'y a donc aucun risque de contamination biologique, estime Géraldine Vetterhoeffer. Et pour ne pas avoir de risque de transmission de bactérie, nous nous sommes dotés de technologies de pointe, telles que les isolateurs de formulation, les isolateurs de remplissage. Ainsi, à aucun moment de la production les employés ne seront en contact avec le produit !"

Effectuer le processus aseptique dans des isolateurs, une méthode désormais utilisée par tous les grands groupes.
Mais ces équipements de pointe devraient aussi permettre au site de se positionner pour de futurs projets R&D de GSK, comme le futur vaccin contre le paludisme, très attendu. Même si pour l'instant… la priorité est le retour sur investissement des 600 millions d'euros investis, rappelle-t-on à Saint-Amand.


Entretien avec Géraldine Vetterhoeffer, directrice du site GSK Biologicals

Quand avez-vous pris la direction du site GSK Vaccins de Saint-Amand-Les-Eaux ?
J’ai succédé il y a un an à Carole Resman, alors directrice du site. Je venais de passer plus de huit ans aux Etats Unis, avec comme dernière mission de monter une usine de vaccins équivalente à celle de Saint-Amand. Il s’agit du site de Marietta en Pennsylvanie. J’en avais pris la direction lors de son lancement en 2007 après avoir passé plusieurs années au sein du laboratoire Eli Lilly.

L’usine emploie déjà 570 CDI et une centaine d’intérimaires. Combien de salariés comptera-t-elle à terme ?
Nous serons proches des 800 salariés d’ici à 2015. Nous venons de démarrer en juin 2011 deux lignes de remplissage aseptique. Il y aura alors 6 lignes en tout. Nous ne sommes qu’en phase de démarrage. L’usine monte progressivement en puissance.

Avez-vous trouvé facilement des compétences sur place ?
Le site d’origine comptait déjà 125 salariés. Nous avons recruté des opérateurs et des techniciens en local, mais nous avons engagé un programme important de reconversion de leur savoir-faire. Nous embauchons aussi des jeunes diplômés issus des universités et écoles régionales de Lille et de Valenciennes. Mais pour les métiers d’expertise, nous avons dû rechercher des compétences ailleurs, car nous ne sommes pas implantés ici dans un bassin pharmaceutique.

Geneviève Hermann.
 


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