Grube et Pépy appellent à une Europe du rail

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© Luca Xavier Bozzo - Flickr - C.C.

  Dans une interview croisée donnée au Figaro.fr le 6 août, les patrons de la Deutsche Bahn et de la SNCF évoquent les défis du futur pour le rail.

"Plus de vingt ans après les premières directives ferroviaires, l'Europe du rail n'existe pas encore. Et là est le véritable enjeu. Il n'existe toujours pas de procédure d'homologation technique commune entre les différents pays européens", constate Guillaume Pépy, patron de la SNCF, dans cet entretien.

Le patron du leader du rail en France appelle donc à une homologation européenne notamment comme dans le secteur de l’aéronautique. Une volonté sur laquelle il est rejoint par son concurrent mais aussi parfois partenaire Rüdiger Grube à la tête de la Deutsche Bahn. "L'application à l'échelle européenne d'une reconnaissance mutuelle plus poussée des essais d'admission de matériels roulants, convenue en 2008 entre les chemins de fer, les industries ferroviaires et les milieux politiques, constituerait un premier pas dans cette direction", selon lui.

Les deux PDG des leaders ferroviaires en France et en Allemagne reviennent dans cet entretien sur leurs collaborations et leurs concurrences. En effet sur certaines lignes les deux groupes coopèrent alors que sur d’autres ils sont en concurrence totale. "Les marchés ne sont pas toujours suffisamment importants pour que deux opérateurs fassent chacun les investissements nécessaires pour construire une desserte complète", explique Guillaume Pépy pour justifier la différence de traitements d’une ligne à l’autre. L’occasion pour le patron allemand de constater que les deux groupes commencent à prendre des parts de marché sur l’aérien dans chacun de leurs pays.

"Unification à la française"

Guillaume Pépy revient aussi sur la volonté de Bruxelles de séparer le gestionnaire de l’infrastructure de l’opérateur national. Selon lui, il ne faut pas confondre l’ouverture à la concurrence et cette séparation. Car "l'Allemagne, par exemple, est le pays dont le marché ferroviaire est le plus ouvert et, pourtant, la gestion de l'infrastructure et celle du transport y sont très intégrées. Résultat: DB est numéro un mondial!".

Pour le marché français, il appelle donc à une unification à la française, permettant d’offrir un accès équitable à tous les transporteurs.
Les deux patrons partagent une position commune sur le fret ferroviaire, appelant tous les deux à développer ce système en passant par une vraie négociation avec les routiers. Car selon le patron allemand, "sans le rail, il ne sera pas possible de faire face à l'augmentation des transports de marchandises, telle que pronostiquée".

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