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Groupama AM prudemment positif sur les actions occidentales

Publié le

PARIS (Reuters) - Groupama Asset Management prend acte des nombreuses incertitudes qui pèsent sur la planète et l'économie mondiale du fait de la catastrophe au Japon mais écarte l'hypothèse d'un "scénario noir" pour retenir un "scénario prudemment optimiste" sur les actions occidentales.

Les responsables de la société de gestion, qui présentaient mardi à la presse leurs perspectives trimestrielles, ont estimé que les marchés d'actifs risqués occidentaux, crédit et actions, avaient bien résisté à la crise nucléaire japonaise et aux troubles politiques qui secouent le Moyen Orient.

"L'hypothèque nucléaire est difficile à apprécier", a souligné Antoine de Salins, directeur des gestions de Groupama AM. "La bonne approche c'est de désensibiliser les portefeuilles en attendant de voir plus clair", a-t-il ajouté.

"Nous ne souscrivons ni au scénario noir, qui consiste à oublier toutes les forces de rappel, ni aux lunettes roses qui masquent les conséquences de ces situations mais dont l'ampleur est difficile à mesurer", a ajouté de son côté, Philippe-Henri Burlisson, directeur des gestions fondamentales.

Parmi les "forces de rappel" des Bourses occidentales, il a cité notamment la valorisation attractive, les bons résultats des entreprises, les fusions acquisitions et les flux de liquidités qui se retirent des actions et des obligations émergentes d'Asie pour se placer en Europe et aux Etats-Unis.

"Don't fight the flow" (n'allez pas contre le flux), a dit Philippe-Henri Burlisson.

Dans le compartiment actions, Groupama AM surpondère fortement l'énergie, notamment le gaz, dont le prix n'a pas suivi l'envolée des cours du pétrole, les matières premières, tandis qu'il sous-pondère le luxe, la distribution, la pharmacie.

A un horizon de trois mois, la société de gestion voit l'indice CAC 40 à 3.850 points (+4%) et à 4.100 points dans 12 mois (+11%) contre 3.892,71 points en clôture mardi soir.

ACCÉLÉRER LA DIMINUTION DU RISQUE

Jean-Louis Autant, responsable de la gestion diversifiée, a indiqué que la politique d'allocation d'actifs après la catastrophe japonaise a consisté à accélérer la diminution du risque, les actions représentant 43%, les obligations 47% et le cash 8% dans un portefeuille modèle équilibré.

Sur le front des obligations, Philippe-Henri Burlisson a salué l'accord sur la mise en place d'un mécanisme permanent de stabilité financière en zone euro (MES) au-delà de 2013. (Voir

"Il reste encore des détails à régler qui nous amènent à maintenir une sous-pondération sur le Portugal, l'Irlande et la Grèce", a-t-il dit.

"Les taux longs des pays du noyau dur de la zone euro devraient continuer à se tendre sous l'influence d'une hausse temporaire de l'inflation, de la prochaine hausse du taux refi (principal taux directeur de la Banque centrale européenne, ndlr) et d'un phénomène d'importation de prime de risque des Etats périphériques vers les pays coeur", a-t-il ajouté.

La hausse des taux attendue de la BCE ne fait, selon lui, aucun doute, la situation au Japon pouvant tout au plus en reculer la date, alors que la réserve fédérale américaine ne devrait pas toucher au taux Fed Funds avant mars 2012.

Groupama AM table sur une hausse de 25 points de base à 1,25% du taux refi de la BCE d'ici à juin et à un rendement de l'OAT française à 10 ans à 3,80%.

Parmi les emprunts d'Etat des pays coeur, la société de gestion surpondère ceux des Pays-Bas, de la France, de la Finlande et de l'Autriche mais adopte un biais neutre sur l'Allemagne.

Quant au marché des obligations d'entreprises, il a bien résisté, même mieux que les actions.

"Les forces de rappel sont toujours là : le risque de défaut, qui est le principal contributeur à la prime de risque (spread), est très faible", a expliqué Philippe-Henrin Burlisson qui ajoute à ces forces de rappel un environnement de taux qui reste bas malgré leur récente remontée.

Il appelle toutefois à la prudence sur cette classe d'actifs qui a bénéficié jusqu'ici de la combinaison de rendements attractifs et de leur dimension défensive.

"L'appétit pour cette classe d'actifs est proche de la zone d'euphorie", a-t-il souligné.

Raoul Sachs, édité par Jean-Michel Bélot

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