Grosse colère des acteurs du Web face aux lois anti-piratage américaines
Par Emmanuelle Delsol - Publié leLes sites de Google et Facebook barrés d’un bandeau? Une situation de plus en plus probable pour appeler à contrer la censure. Les projets de loi américains antipiratage Sopa et Pipa énervent les acteurs du Web au plus haut point et ils le font savoir. Certains ont même déjà lancé la configuration d’un réseau libre via satellites, pour les contourner.
Aux USA, la colère monte face aux lois anti-piratage sur Internet, Sopa (Stop Online Piracy Act) et Pipa (Protect IP Act). Et pas seulement chez les hackers. Sergey Brin, co-fondateur de Google, Jack Dorsey, co-fondateur de Twitter et même Vinton Cerf, l’un des créateurs du World Wide Web, s’insurgent au travers de lettres, pétitions et autres appels au peuple sous le nom de NetCoalition.
Sergei Brin a été l’un des premiers à s’exprimer, comparant même les USA aux "nations les plus répressives du monde" comme la Chine ou l’Iran. Pour se faire entendre, les géants du Web menacent de plonger leurs sites dans le noir et de les barrer d’un bandeau appelant à s’opposer aux deux lois.
La tension monte car ces projets de loi seront examinés par le sénat américain le 24 janvier prochain. Quant à la Maison Blanche, bien qu’interpellée par deux pétitions signées environ 50 000 fois chacune, elle n’a pas encore exprimé sa position officielle sur le sujet.
En cas d’infraction aux règles du copyright, Sopa et Pipa permettraient de sanctionner certains sites en bloquant certaines recherche ou en allant jusqu’à en interdire complètement l’accès. Et ce même si seules quelques publications contreviennent à la loi. Moteurs de recherche et réseaux sociaux sont donc bien en première ligne.
Industries du numérique contre reste du monde
Les projets de loi SOPA (Stop Online Piracy Act) et Pipa (Protect IP Act) sont nés en particulier des craintes d’Hollywood de voir ses créations pillées sans que personne ne s’en offusque. Mais parmi les pro Sopa et Pipa, on trouve aussi des industriels du cosmétique comme L’Oréal, Estée Lauder ou Revlon ou encore l’association des industriels et de la recherche pharmaceutiques américaine (Phrma). Ils invoquent leurs lourds investissements de recherche qui pourraient être réduits à néant par la contrefaçon en ligne.
A noter que les acteurs du Web expliquent ne pas s’opposer à la lutte contre le piratage, mais bien à la façon dont elle serait mise en œuvre avec Sopa et Pipa.
Bien qu’il invoque la simple coïncidence avec les révoltes anti-Sopa, un groupe de hackers allemand réfléchit à une solution pour contourner les circuits officiels de communication du Web en cas de "désastre naturel ou économique". Le projet Hackerspace Global Grid (HGG) consiste en un réseau de communication indépendant par satellite. L’idée ? Se servir de modèles "à orbite basse" - que certains particuliers ont déjà réussi à lancer avec des ballons - pour obtenir un maillage de points de communication qui ne passeraient plus par les relais de communication habituels.
Contrairement à leurs homologues géostationnaires, ces satellites en orbite basse parcourent un tour de la terre en quelque 90 minutes. Aussi, pour que la connexion soit maintenue malgré tout de la façon la plus stable possible, le HGG s’attèle pour l’instant à déployer une infrastructure maillée de stations terrestres. Elles se connecteront avec des satellites existants, avant que le HGG ne finisse par lancer son propre équipement. Le système sera adapté pour échanger des messages courts, comme sur Twitter, mais pas pour télécharger de la vidéo, néanmoins.

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