GROS COUP DE FROID
Par DANIEL KRAJKA - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3259Depuis son plus haut d'avril dernier, la cotation settlement de la tonne de plomb, au plus bas depuis juillet 2010, avait perdu le 21 octobre près de 40 % de sa valeur. Bien que le nickel et l'étain aient affiché des baisses plus substantielles, Stephen Briggs, analyste chez BNP Paribas, s'interroge sur les raisons d'une telle correction qui a vu le métal mou se déprécier plus rapidement que le zinc. Pas moins de 45 % de la consommation de plomb est assuré par les fabricants de batteries de remplacement pour l'automobile. Un segment qui résiste bien aux à-coups de la croissance, avec une demande en 2009 supérieure à son niveau de 2007. Le marché reste porteur, mais Stephen Briggs a révisé de 5,5 à 4,5 % ses attentes de croissance de la consommation en 2011. La croissance de la demande chinoise - 45 % de la consommation globale - attendue à au moins 10 % en 2012 devrait suffire à tirer la demande mondiale vers les 6 % de croissance. Pour 2013, celle-ci devrait atteindre 5 %. La production de plomb raffiné peinera à répondre à cette demande.
Volumes historiquement bas
Malgré une disponibilité accrue de vieux véhicules dans les pays émergents, des fermetures de capacités de raffinage en Chine vont limiter la croissance du recyclage à moins de 2 % en 2011 et à 4-5 % en 2012 et 2013. Il faudra donc compter sur la production de métal raffiné à base de concentré. Moins affectée par les fermetures de mines que le zinc, la hausse de cette production ne dépassera pas 5 % en 2011. Après un rebond marqué en 2012, la croissance devrait retomber à 2 % en 2013. La banque française a divisé par deux ses attentes de surplus pour 2011 à 100 000 tonnes. Les stocks des bourses de métaux se sont appréciés de 250 000 tonnes en 2011, mais les volumes détenus par les producteurs et les consommateurs sont historiquement bas. Bénéficiant de meilleurs fondamentaux, le prix du plomb devrait dépasser celui du zinc de 300 dollars dans les prochains mois. Après un prix moyen en 2012, proche de celui de 2011, à 2 400 dollars, Stephen Briggs attend une remontée vers les 3 000 dollars en 2013. Tablant sur des hypothèses proches, Gayle Berry de Barclays prévoit une moyenne de 3 200 dollars en 2013.











