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Grève en demi-teinte chez Air France

Par Rémy Maucourt - Publié le
Air France Roissy
© Air France

La grande grève chez Air France connaissait apparemment un démarrage modéré à la mi-journée. Si les syndicats affirment que les salariés sont fortement mobilisés, les autorités assurent que le trafic est quasiment normal.

Lundi midi dans les aéroports, le trafic aérien était peu perturbé par le mouvement social entamé par les personnels au sol et navigants. Le mouvement de grève a semble-t-il été anticipé : Air France a en effet réduit le nombre de ses vols de 15 à 20% de manière préventive.

Vendredi 3 février, la compagnie annonçait que 85% de ses vols long-courrier et 80% de ses vols moyen-courrier seraient maintenus. Une prévision trop optimiste pour les syndicats. Le SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne) assurait lundi matin que plus de 50% des pilotes étaient en grève. "Cette grève est bien suivie et elle va l'être de mieux en mieux", assurait le porte-parole du syndicat Louis Jobard.

Des centaines d'employés de la compagnie ont manifesté devant le terminal 2F de l'aéroport de Roissy, lundi, en fin de matinée. D'autres manifestants étaient également présents devant l'aéroport de Toulouse-Blagnac par exemple.

Pour les premiers jours du mouvement de grêve, la direction d'Air France peut mobiliser ses cadres navigants pour affréter certains vols et pallier ainsi les perturbations de la grève. Mais quelques jours suffisent pour que le capital temps de ces cadres soit épuisé. Le véritable impact du mouvement ne pourra donc être réellement ressenti que quelques jours après. Les mécaniciens de la compagnie sont eux aussi en grève, mais pour la seule journée de ce lundi, selon une source proche des syndicats.

Les salariés d'Air France protestent contre une proposition de loi UMP visant à encadrer le droit de grève dans l'aérien. Ce texte prévoit notamment une déclaration préalable des grévistes 48 heures avant le conflit et une prévision de trafic pour les usagers. Adoptée fin janvier par les députés, cette loi sera examinée au Sénat à partir du 15 février.

Dans les rangs du Parti socialiste, Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, critique sévèrement le texte. Interrogé ce matin sur Europe 1, il estime que "l'outil ce n'est pas une loi antigrève. L'outil, ce sont des mécanismes, et il en existe dans certaines entreprises publiques, qui permettent qu'il y ait du dialogue préalablement à toute action et à toute décision".

Par Rémy Maucourt et Stéphan Julienne

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