Grève dans les raffineries : une pénurie est possible
Par Ana Lutzky - Publié le
PéNURIE ESSENCE La production est en cours d'arrêt ce mercredi dans plus de la moitié des raffineries métropolitaines. La possibilité d'une pénurie de carburant se renforce.
Dans toutes les raffineries se tiennent actuellement des assemblées générales pour décider de la reconduite, ou non, de la grève. Neuf sites sont d'ores et déjà en grève ou perturbés dont sept sont en cours d'arrêt de production. Tôt ce matin, les salariés de la raffinerie Total de Feyzin, près de Lyon, ont décidé de reconduire leur mouvement de protestation, et le processus d'arrêt de production a dû être lancé par la direction faute de personnel. Toutes les raffineries du groupe Total sont en cours d'arrêt de production.
Risque de pénurie de kérosène pour Roissy et Orly
Si dans la majorité des raffineries ce sont les grèves des salariés qui ont entraîné le processus d'arrêt des unités de production, en revanche, à la Mède, près de Marseille, les unités ont débrayé dès dimanche, «faute d'approvisionnement en brut», les terminaux pétroliers de Fos-Lavera étant bloqués par les dockers en grève.
Total n'est pas la seule entreprise pétrolière touchée. Le site de production d'Ineos dans la région de Berre, qui ne distille plus de pétrole brut faute d'approvisionnement en provenance du port de Marseille. Même problème à la raffinerie LyondellBasell. L’usine fonctionne au minimum technique et devrait attaquer sa phase d'arrêt jeudi, faute de matière première.
Dans le secteur pétrolier, la mobilisation a commencé il y a 17 jours dans le port de Marseille sous la conduite de la CGT. Les installations touchées par le blocage représentent au total 40% de la capacité française. 57 cargos dont 37 pétroliers, sont actuellement en attente de déchargement au large des terminaux de Fos-Lavera. Au port du Havre, la situation est également bloquée. Les personnels de la Compagnie industrielle et maritime (CIM), qui gère les terminaux pétroliers, sont également entrés en grève reconductible mardi, d'après la CGT. Ces terminaux alimentent les raffineries de la vallée de la Seine et livrent en kérosène les aéroports de Roissy et Orly.
Des pénuries «sporadiques et ponctuelles»
La France compte 219 dépôts de produits pétroliers répartis sur tout le territoire, qui alimentent 12.500 stations-service. Sur la possibilité et l'échéance d'une pénurie, les discours divergent. Pour la CGTdu groupe Total, «la pénurie de carburant est bien à l'ordre du jour dans un très proche avenir contrairement aux propos de l'Ufip (industries pétrolières) et du gouvernement». Jean-Louis Schilansky, le président de l'Ufip, de son côté, affirmait lundi que si le mouvement persistait, «à partir du 20 octobre, en gros, nous commencerons à avoir des problèmes d'approvisionnement localisés, notamment dans le Sud-Est». Jean-Louis Schilansky a toutefois rappelé qu'en cas de «crise de distribution» de carburants, le gouvernement pouvait utiliser les stocks de réserve: avec ces stocks, «on a trois mois de consommation devant nous sur la France entière».
En savoir plus :
La carte des 13 raffineries françaises

dans la même rubrique
26/05/2012 La sémantique de l'industrie26/05/2012 L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman
26/05/2012 "Je suis fasciné par les technologies sans fil"












