Grenelle : Et après ?
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Les conclusions du Grenelle ont satisfait les associations écologiques et certains secteurs industriels. Reste à trouver des financements suffisants pour l'ensemble des mesures annoncées.
Vigilantes : les associations écologistesSatisfaites mais vigilantes quant à l'application des mesures à l'avenir. Les associations écologistes ont globalement salué le résultat du Grenelle. « Franchement on est entré dans l'ère de l'écologie », affirme Nicolas Hulot, qui se dit « confiant » et « heureux ». Prix Nobel de la Paix avec Al Gore, le GIEC souligne que « cela correspond à ce qu'on a proposé globalement mais ce qui est important, c'est qu'on puisse en assurer un suivi ». Toutes les discussions ne sont pas encore achevées. La dernière table-ronde, concernant les biocarburants et la responsabilité écologique des entreprises a repris ce matin. Sur les déchets, les acteurs se sont donnés 12 semaines supplémentaires.
Ravis : les industriels de l'énergie et du bâtiment
Certains industriels sortent gagnants du Grenelle. C'est le cas du bâtiment, concerné par les nouvelles normes écologiques de construction et de rénovation. Près de 100 000 emplois pourraient être créés pour répondre au nouveau besoin et la fédération français du bâtiment et la Capeb, représentant les petits du secteur, se sont dit prêts à « relever le défit ». Le Syndicat des énergies renouvelables s'est « réjoui » de l'objectif de 20 % d'ici à 2020 de la part de l'énergie verte. L'aide à la recherche dans le secteur, est une « décision capitale pour parvenir aux objectifs que vient de se fixer notre pays aujourd'hui » a encore affirmé l'organisation. Du côté de l'agriculture, FNSEA et fabricants de pesticides se sont dit satisfaits des mesures sur les pesticides. « La réalité l'a emporté sur l'émotion », selon l'union des industries de la protection des plantes. Car s'ils sont concernés par l'annonce d'une diminution de 50 % des produits utilisés, celle-ci est soumise à la mise en place de « méthodes alternatives ». Surtout aucun calendrier n'a été arrêté.
La question cruciale du financement
Quelles conséquences concrètes des propositions élaborées par les groupes de travail ? Tout va dépendre désormais du financement trouvé pour soutenir les actions prônées pour lutter conte le réchauffement climatique. Le programme annoncé par Nicolas Sarkozy est pour le moins ambitieux. Mais aussi très coûteux.
Dans les transports, l'Etat affiche son ambition de construire 2 000 kilomètres de lignes à grande vitesse et 1 500 kilomètres de tramway dans de grandes villes d'ici 2020. Coût pour l'Etat: 16 milliards d'euros pour le premier et 4 milliards pour le second. 1 milliard d'euros doit également être consacré à la recherche sur les énergies et moteurs du futur, tandis que la mise en place de la « trame verte » pour la biodiversité devrait elle aussi s'élever selon certaines associations à près d'un milliard d'euros. Quant au plan de rénovation des bâtiments anciens, il ne sera réalisé que grâce à un soutien financier important des propriétaires.
Et demain ? Les prochains rendez-vous
Un comité de suivi doit avoir lieu aux alentours du 15 décembre, a annoncé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. Une loi de programmation pour mettre en oeuvre les conclusions du Grenelle de l'environnement sera proposée au parlement dès cet hiver, en janvier-février, a pour sa part ajouté la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet sur France Inter ce matin.
Solène Davesne

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