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Greenpeace pointe les faiblesses des rapports d’évaluation des centrales

Par Astrid Gouzik - Publié le
Radioactivité
© Mr Tea - Flickr - C.C.

L’organisation écologiste a rendu sa contre-enquête sur le parc nucléaire français, lundi 20 février.

"Un bon point de départ", c’est en ces termes que Greenpeace qualifie l’évaluation complémentaire de sûreté (ECS) des principales installations nucléaires. Le rapport est réalisé par Arjun Makhijani, président de l'Institut pour l'énergie et la recherche environnementale (IEER) et Yves Marignac, directeur de l'agence d'information et d'études sur l'énergie WISE.

Le retour d’expérience de Fukushima

C’est suite à l’accident dramatique de la centrale nippone que le gouvernement français a engagé cette démarche d’évaluation de ses centrales. Les exploitants ont donc produit des rapports, publiés en septembre dernier alors que l’IRSN a dévoilé ses conclusions au mois de novembre. L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ensuite émis ses recommandations, basées sur les analyses des scientifiques de l’IRSN, début janvier.

Pour l’ASN, les réacteurs français sont bons. Même si les opérateurs nucléaires, EDF en tête, vont devoir dépenser des milliards pour rendre les centrales encore plus robustes.

Aujourd’hui, c’est à la lumière du drame de Fukushima que Greenpeace demande à ce que la sûreté soit encore améliorée. Notamment en ne négligeant aucun risque, ni aucun élément aggravant. 

L'organisation écologiste passe donc au crible les rapports d’EDF sur les centrales nucléaires de Gravelines, Civaux, Flamanville et du projet d'EPR, celui d'Areva sur le centre de traitement des déchets de La Hague. Il examine aussi le rapport de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur l’ensemble du parc français.

Vers une meilleure gestion des risques d’agression

Si l’organisation non gouvernementale reconnaît quelques "points forts", elle ne manque pas de souligner les limites et les lacunes de ces rapports. Elles concernent principalement les risques d’agression et le vieillissement des centrales. Les ECS "devraient être révisés selon un cahier des charges plus complet qui inclut les agressions internes et externes",

En effet, selon les experts mandatés par Greenpeace, le "tableau des déclencheurs et aggravations possibles des situations actuelles n’est pas complet". De plus, EDF, Areva et l’IRSN ne semblent pas intégrer les facteurs "susceptibles de rendre plus difficiles la gestion d’un accident, notamment la contamination sur le site".

Le vieillissement des centrales en ligne de mire

"Le vieillissement et l’usure des différents dispositifs participant à la sûreté réduisent régulièrement les marges de sûreté réputées acquises à la conception et à la construction", soulignent Arjun Makhijani et Yves Marignac.

Ils rappellent également que les réacteurs ont été conçus pour fonctionner 30 au minimum, et 40 ans au maximum. Et "aucun renforcement ne semble à même de repousser les limites imposées par le vieillissement".

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