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L’Allemagne repousserait-elle l’aide à la péninsule hellénique aux calendes grecques ? Face à l'inquiétude croissante de ses voisins, Berlin a tenu à rassurer, gênée aux entournures par les élections du 9 mai. Le risque de contagion s’étend aux pays les plus faibles de l’Europe.
Pieds et poings liés. Sur son territoire, le gouvernement grec doit faire face à une opposition qui l’accuse d’avoir livré le pays au FMI. Sur la scène européenne, le gouvernement peine à recevoir l’aide promise, ce qui exacerbe la défiance des marchés. Reflétant cette anxiété sur les places boursières, les taux d'intérêt grecs ont battu le record établi en 2001.
Les taux grecs à 10 ans ont atteint un nouveau record lundi 26 avril en dépassant le seuil des 9 %, entraînant dans leur sillage le rendement des dettes d'autres pays fragiles de la zone euro. Cette hausse a mis entre parenthèses l’espoir d’une Grèce sauvée par le programme de financement. Le différentiel entre l’emprunt grec et son homologue allemand à 10 ans s’élevait à 636 points de base contre 561 vendredi soir. Cet outil statistique, appelé écart de crédit ou spread, est à son plus haut niveau depuis 1997.
Risque de contagion
Cette augmentation des taux s’est répercutée sur les dettes des pays les moins sûrs, propageant la peur d’une contagion. Ainsi, au Portugal, les taux sont passés à 5,141% contre 4,958 vendredi. En Espagne, ils sont se sont établis à 4,033% contre 3,890%. En Irlande, les taux ont grimpé à 4,872% contre 4,777%. Ces pays touchés sont réunis sous l’acronyme de PIGS (Portugal, Ireland, Greece, Spain). Et, là aussi le risque d'épidémie pourrait se déclarer.
Sur le moyen terme, il est peu probable que la zone euro "laisse tomber" la Grèce car le coût politique d’une Europe éclatée serait trop lourd à supporter. Mais il n’est pas sûr qu’une seule aide suffise. C’est contre cela que l’Allemagne cherche à se prémunir et pose des conditions. Il faut que la Grèce mette en place un programme d’assainissement des finances et une politique de rigueur crédibles pour éviter un engrenage sans fin.
Frileuse, l’Allemagne reste réticente à agir immédiatement et cherche à verrouiller les garanties. Il ne faudrait pas que les citoyens allemands aient l’impression que les fourmis payent pour les cigales : les dirigeants politiques allemands ne peuvent pas se permettre de froisser leur électorat. Si la Grèce doit jongler entre les opinions nationales, les marchés boursiers et la diplomatie, l’Allemagne doit faire face à l’échéance électorale du 9 mai prochain.
Conditions allemandes
Le ministre allemande des affaires étrangères Guidi Weterwelle a ainsi rejeté toute aide financière sans qu’Athènes n'ait présenté de prime abord un programme de réduction de son déficit. La chancelière allemande Angela Merkel a dit avoir « confiance » dans les négociations en cours entre la Grèce, l’UE et le FMI qui doivent aboutir au programme d’économies.
Angela Merkel a tout de même voulu rassurer les marchés : « l’Allemagne aidera (la Grèce) si les conditions sont remplies », a déclaré cette dernière lundi matin. La chancelière doit jouer finement pour satisfaire ses électeurs potentiels sans laisser la Grèce sombrer. Alors que le programme d’aide (30 milliards des partenaires européens de la Grèce et 15 milliards apportés par le FMI) est prêt, les délais de mise en place dus à des désaccords n’ont pas rassuré les marchés. En affichant ses dissensions, la zone euro a favorisé la volatilité sur les marchés.
Morgane Remy
Décembre : La note de la Grèce est abaissée à plusieurs reprises, laissant entrevoir une dette souveraine malsaine
Janvier et février : présentation de plan d’austérité de plus en plus dur. Hostilité de la population.
Mars : les dirigeants de la zone euro s’accordent sur une aide, sorte de filet de sécurité. Le FMI se déclare prêt à aider
Avril : la Grèce appelle à une mise en place d’une aide de 45 milliards : 15 milliards par le FMI et 30 milliards par l’Europe.
22 avril : L’office européen des statistiques révèle que le déficit public est plus élevé que prévu
23 avril : le premier ministre grec George Papandréou demande l’activationdu plan d’aide de l’UE et du FMI.


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