Grandes puissances
Par THIBAUT DE JAEGHER Rédacteur en chef - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3233
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Ensemble, nos deux pays constituent la deuxième économie du monde. Derrière les États-Unis mais devant la Chine.
De son puissant voisin, la France envie tout. Sa rigueur financière, sa fiscalité réputée plus avantageuse, son coût du travail présumé plus faible, sa productivité évidemment bien meilleure, ses machines-outils qui s'exportent si bien, son Mittelstand, ces fameuses entreprises de taille intermédiaire qui nous feraient tant défaut... La litanie pourrait ainsi être égrenée sans fin en y ajoutant la qualité des produits allemands ou la puissance en matière d'innovation.
À trop regarder de l'autre côté du Rhin, notre pays rêve de transformer le « made in France » en un nouveau « made in Germany ». Ce n'est ni possible ni souhaitable. Et ce n'est sûrement pas pour cette fascination que la France est l'invitée d'honneur du plus grand salon industriel du monde, la Foire de Hanovre (1). Bien au contraire. On ne l'entend pas assez, on ne le voit pas assez mais, de Hambourg à Munich, de Berlin à Francfort, la France fascine. Comme le souligne Roland Tichy, le rédacteur en chef du magazine « WirtschaftsWoche », les Allemands envient notre expertise dans le nucléaire, notre capacité à créer de grands programmes d'infrastructures comme le TGV ou notre talent pour l'aéronautique...
Regarder les avantages compétitifs de nos deux pays est riche d'enseignements. C'est ce que nous avons voulu faire avec nos confrères de « WirtschaftsWoche ». En croisant nos reportages, nos enquêtes, nos regards, nous avons pris le pouls du couple franco-allemand. De cet exercice, les deux pays ne ressortent pas en concurrents frontaux, mais plutôt comme des alliés. Des partenaires liés indéfectiblement par un avenir et des intérêts communs. Il est bon de le rappeler : la France demeure, depuis cinquante ans, le premier partenaire commercial de l'Allemagne, et vice versa. Les échanges entre Paris et Berlin ont pesé 150 milliards d'euros en 2010. Ceux entre Berlin et Paris, 120 milliards.
Comme le ministre allemand de l'Économie, nous devons donc apprendre à nous réjouir des succès de l'un et de l'autre. Tout simplement parce qu'ils sont bons pour les deux côtés du Rhin. Également parce qu'ils font de nos deux pays une puissance de premier plan. Ensemble, la France et l'Allemagne ont engendré (et mené au sommet) le seul concurrent capable de rivaliser avec Boeing : Airbus. Ensemble, ils créent 36 % de la richesse produite dans l'Union européenne. Ensemble, ils occupent la première place du palmarès des exportateurs. Ensemble, nos deux pays constituent la deuxième économie mondiale. Derrière les États-Unis, mais devant la Chine. C'est prometteur, non ?











