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Grand emprunt : l’excellence joue collectif

Publié le
Thibaut de Jaegher, rédacteur en chef
© DR

L’air de rien, le Grand emprunt a réussi à mettre industriels et labos en réseau pour développer des projets de recherche et d’innovation commun. Une authentique prouesse dans un pays qui demeure le champion des particularismes locaux.

Le Grand emprunt, c’est la France qui se réforme. Celle qui avance, sans se soucier de ce que font les autres (l’Allemagne par exemple). C’est aussi celle qui mutualise ses compétences, celle qui préfère ne pas tirer la couverture à soi et jouer collectif. L’air de rien, dans un pays qui demeure le champion des particularismes locaux, le fait d’avoir réussi à mettre tout le monde en réseau (industriels et labos) pour développer des projets de recherche et d’innovation est une authentique prouesse.

Vous me direz que les pôles de compétitivité avaient, en leur temps, suscité à un dynamisme identique, et c’est juste. Le problème, c’est que nos élus avaient succombé, avec cet outil, à la tentation du saupoudrage. Les pôles, censés valoriser nos quelques savoir-faire de classe mondiale, s’étaient mués en instrument d’aménagement du territoire. Résultat : 71 structures ont vu le jour.

Cet écueil, le grand emprunt a su s’en extraire autant que faire se peut. Les plus gros montants de cette initiative, lancée fin 2009 (rebaptisée les investissements d’avenir), ont été attribués à un très faible nombre de projets. Pour la dernière sélection, celle des instituts de recherche technologiques, ils ne seront que huit au maximum à se partager 2 milliards d’euros de dotation.

Cette sélectivité suscitera sans aucun doute des contestations et des frustrations mais elle est indispensable à notre pays. Trop longtemps, la France a reculé à l’heure de faire des choix pour sa recherche. Le grand emprunt lui permet (enfin) d’avoir le courage de dire non à des projets mal ficelés. Et, du coup, de mettre le paquet sur les initiatives les plus prometteuses. Surprise : elles sont souvent portées à la fois par des industriels et des labos publics. L’excellence, celle que promeut le grand emprunt, incite toujours à jouer collectif !

 

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