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Grâce au big data, Air Liquide pilotera 22 usines françaises depuis Saint-Priest

Marine Protais ,

Publié le

Air Liquide a inauguré un centre d’opération à distance à Saint-Priest, près de Lyon, jeudi 26 janvier. Ce cerveau de 22 usines d’Air Liquide en France contrôlera et optimisera la production de chacune d’elles d’ici à fin 2017.

Grâce au big data, Air Liquide pilotera 22 usines françaises depuis Saint-Priest © Marine Protais

"Ici vous voyez la production du site de Feyzin (Rhône)", explique Bruno Allemand, directeur du centre d’opération et d’optimisation à distance d’Air Liquide à Saint-Priest (Rhône), en désignant l’une des huit fenêtres d’un écran géant. On peut y voir les débits de production des différents équipements de l’usine et les besoins en oxygène de ses principaux clients en temps réel. "Notre pilote peut baisser et augmenter le débit de production d’oxygène liquide en tenant compte de la demande de nos clients", détaille-t-il. La commande est envoyée automatiquement à l’usine. Il faut compter environ une dizaine de minutes pour qu’elle soit effective.

Le pilote en question se trouve à Saint-Priest, près de Lyon (Rhône), derrière un ordinateur, dans une salle ambiance mi start-up - mi cockpit géant. Il peut démarrer, arrêter, baisser et augmenter la production du site de Feyzin qui se situe à quelques kilomètres de Lyon (Rhône), mais aussi de celui de Richemont (Moselle), Montoir de Bretagne (Loire-Atlantique) et Moissy-Cramayel (Seine et Marne). D’ici à fin 2017, 22 usines d’Air Liquide en France seront sous son contrôle.

Le spécialiste des gaz industriels a inauguré son centre d’opérations à distance jeudi 26 janvier devant la presse. Mais il est en fonctionnement depuis le mois de mai 2016. Il accueille une équipe de quinze personnes, constituée de pilotes temps réel et d’analystes. D’ici à fin 2017 il emploiera 30 personnes, travaillant en 3x8 pour permettre au centre de fonctionner 24h/24.

Le centre de Lyon s’inscrit dans la transformation numérique d'Air Liquide France, entreprise il y a un an. Un programme baptisé "Connect", qui a nécessité 20 millions d’euros d’investissements pour la construction de cette tour de contrôle, la collecte de données, le développement d’algorithmes et l’intégration de nouvelles technologies, comme des lunettes connectés, sur les sites.

Réduire la consommation énergétique

En plus d’adapter la production à la demande, le centre de contrôle permet d’optimiser la consommation en énergie des usines. "Nous collectons les données de production de nos 400 usines dans le monde depuis 15 ans", explique Olivier Delabroy, vice-président transformation numérique d’Air Liquide. A partir de ces données, les data scientists et analystes du groupe ont créé des algorithmes capables de comparer les paramètres de production actuels aux paramètres d’une production optimale. C’est-à-dire le même rendu mais avec une consommation en énergie moindre. Air Liquide espère réduire d'environ 1% la consommation énergétique de ses sites grâce à ces algorithmes. "Depuis le centre, on peut indiquer à l’opérateur sur quels paramètres il peut jouer pour réduire la consommation d’énergie." D’ici à fin 2017, cet opérateur n’aura plus rien à faire. La modification de ses paramètres sera automatisée.

Troisième intérêt du centre de contrôle à distance : la prévision de pannes. Les analystes s’appuient sur les données des usines et sont capables via des algorithmes de prévoir des pannes "des mois à l'avance", assure Olivier Delabroy. C’est ce qu’on appelle de la maintenance prédictive. "Sur un problème que nous avons eu dans une de nos usines au Canada récemment, nous avons fait marcher le modèle après coup. Et on s’est rendu compte que l’algorithme nous aurait permis d’identifier cette panne 9 mois avant qu’elle ne survienne", raconte-t-il. Cet outil de prédiction n’est pas seulement utilisé par le centre d’opération à distance, il est déployé dans 15 sites d’Air Liquide dans le monde.

Changement de rythme et de métier dans les usines

Si toutes les usines sont contrôlées à distance, qu’advient-il du personnel sur site ? Le groupe assure que la création de ce centre n’implique pas de licenciements. Par contre, « les métiers vont être transformés », avance Louis-François Richard, directeur général Air Liquide France Industrie. On ne trouvera plus d’opérateur posté, chargé de vérifier et signaler les éventuelles défaillances des équipements. "Les opérateurs seront de plus en plus tournés vers les opérations de maintenance", indique Louis-François Richard. Leur rythme sera, lui aussi, modifié : plutôt que de travailler en 3x8, ils ne travailleront que pendant la journée. Car ce sera le centre qui pilotera les usines la nuit. "La bascule sera progressive", précise-t-il.

Air Liquide, qui a réalisé 16,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015, est persuadé que cette nouvelle tour de contrôle, comme l’ensemble de sa transformation numérique, est un "avantage compétitif" selon les mots du directeur France. Mais le groupe ne dévoile pas le retour sur investissement qu’il en espère, ni l’énergie déjà économisée grâce à sa mise en place. Le centre de Lyon a déjà quelques homologues dans d’autres pays où Air Liquide est installé, à Singapour par exemple, et devrait continuer de faire des émules.

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