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L'Usine Maroc

Gouvernement Benkirane II : avec Moulay Hafid Elalamy, un patron du privé devient ministre de l’Industrie du Maroc

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Publié le

L'homme d'affaires et ancien patron des patrons marocains Moulay Hafid Elalamy remplace comme ministre de l'Industrie Abdelkader Amara a qui revient le portefeuille de l'Énergie, dans le cadre du nouveau gouvernement annoncé au Maroc jeudi 10 octobre. Mohamed Boussaïd, un ingénieur Pont Paristech est lui nommé aux Finances. Le gouvernement Benkirane II devra affronter les même défis que le précédent : l'emploi, les déficits commerciaux et budgétaires.

Gouvernement Benkirane II : avec Moulay Hafid Elalamy, un patron du privé devient ministre de l’Industrie du Maroc
Moulay Hafid Elalamy, nouveau ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique du Maroc
© DR

Il était temps car la prochaine session parlementaire commencera demain vendredi 11 octobre à Rabat en présence du roi Mohammed VI. Après trois mois d’incertitude, le nouveau gouvernement de l'islamiste modéré et leader du Parti de la justice et du développement (PJD) Abdelilah Benkirane (photo ci-dessous) profondemment remanié, vient d’être dévoilé après une audience au Palais royal à Rabat, où les impétrants ont prétés serment devant le roi.

Le gouvernement Benkirane Il compte 39 membres dont six femmes contre une seule précédemment. Il comporte 15 nouveaux ministres. (voir la liste complète ci-dessous).

Ce remaniement, le premier du genre sous l'actuelle constitution, fait suite au retrait de la coalition au pouvoir du parti de l’Istiqlal (centre) décidé au printemps dernier par son leader Hamid Chabat et mis en pratique mi-juillet. Depuis, le Maroc restait dans l'attente.

Le RNI (Rassemblement national des indépendants), parti de centre droit, proche du Palais, a négocié cet été un accord de gouvernement et son leader Salaheddine Mezouar, un poids lourd de la politique marocaine vient de décrocher le poste de ministre des Affaires étrangères en remplacement de Saad-Eddine El Othmani, figure du PJD qui a dû laisser sa place.

Dans le champ économique, il y a plusieurs nouveautés dans ce cabinet. Abdelkader Amara (PJD) jusque là titulaire du poste de l'Industrie devient ainsi ministre de l'Énergie et des mines en remplacement de Fouad Douiri (Istiqlal) parti en juillet.

Moulay Hafid Elalamy, 53 ans, président fondateur de Saham Group, une holding qui emploie 5 000 salariés et est présente dans la finance, l'offshoring et la santé, devient donc, quant à lui, ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique.

Personnalité en vue au Maroc, il  a été patron des patrons marocains de 2006 à 2009 comme président de la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc), où il a eu de très bons rapports avec son homologue française Laurence Parisot.

Benkirane II en chiffres
Membres : 39 (+8)
Femmes : 6 (+5)
PJD (Parti Justice et Développement) : 12 (=) y compris le premier ministre
MP (Mouvement Populaire) : 6 (+2)
PPS (Parti du Progrès et du Socialisme) : 5 (+1)
RNI (Rassemblement National des Indépendants) : 8

 

rompre avec le "modèle français"

Cet entrepreneur a parfois été comparé à un Bernard Tapie (première manière) marocain, Dans une interview à Jeune Afrique, il déclarait : "La politique, jamais ! Il faut des compétences pour ça et je ne les ai pas".

Il a été formé à l'Université de Sherbrooke au Québec où il a travaillé. Il est représentant au Maroc depuis le printemps de l'association américaine Endeavor qui promeut l'entrepreunariat dans les pays émergents, un de ses combats.

À cette occasion, en mai, lors d'une conférence de presse, il avait appelé son pays à rompre avec le "modèle français" favorisant le fonctionnariat et la bureaucratie.

MHE comme il est parfois surnommé à, via son groupe, lancé un prix-concours ouvert aux jeunes entrepreneurs.

Mais comme ses prédécesseurs, c'est une partisan du concept de "co-localisation" entre la France et le Maroc comme il l'expliquait dans Les Echos en 2006 déjà.

Sur son compte Twitter (@MyHafidElalamy) qui comptait alors 5 000 abonnés, Moulay Hafid Elalamy a publié les tweets en rafale peu de temps après sa nomination notamment :

De fait, sa mission essentielle va être à la fois de poursuivre la modernisation et l'amélioration de la compétitivité de l'industrie marocaine et d'être un bon "vendeur" de la destination Maroc auprès des investisseurs étrangers qui se sont pressés en masse ces dernières années (Renault, Safran, Delphi, Bombardier, Denso, Sumitomo...).

Une double action qui passe notamment par le Plan pour l'Émergence Industrielle lancé en 2009 et que, jusqu'ici, tous les gouvernements ont repris à leur compte et qui ciblait initialement six "métiers mondiaux" : automobile, aéronautique, textile, électronique, agro-alimentaire et offshoring.

C'était le sens de l'action d'Abdelkader Amara qui a piloté depuis deux ans la montée en puissance des nouvelles zones franches de Casablanca-Nouaceur et Tanger depuis deux ans. Celui-ci s'était attelé à la création de "contrats programme" dans de nouveaux métiers comme les industries mécaniques à la demande des industriels.

UN INGÉNIEUR PONTS PARISTECH AUX FINANCES

Mohamed Boussaïd, 52 ans, quant à lui, voit revenir le portefeuille de l'Économie. Cet ingénieur de l'École des Ponts Paristech a déjà été plusieurs fois ministre et était depuis 18 mois Wali (préfet) de la région du Grand Casablanca.

Il remplace Nizar Baraka (Istiqlal), une personnalité appréciée des milieux financiers internationaux. Principal interlocuteur du FMI auprès de qui le Maroc a souscrit une ligne de précaution de six milliards de dollars, Nizar Baraka avait sû aussi "vendre" le Maroc sur les marchés financiers et réussi plusieurs émissions obligataires dont l'une fin 2012 pour un milliard de dollars à 10 ans au taux de 4,25%.

Mohammed Hassad, un X-Ponts depuis peu patron de TMSA, l'agence qui pilote tout le développement économique de la région de Tanger (port, zones franches...) est nommé ministre de l'Intérieur.

Aziz Akhannouch, un poids lourd de la politique et des affaires au Maroc demeure ministre de l'Agriculture, il est, tout comme Moulay Hafid El Alamy, à la tête d'un important groupe privé (Akwa) dans un pays où il n'existe pas de loi sur les conflits d'intéret.

Mamoun Bouhadhoud, ministre délégué chargé des petites entreprises et de l'intégration du secteur informel est à 30 ans le benjamin du gouvernement. C’est un X-Mines qui a travaillé 4 ans dans le trading chez Morgan-Stanley.

 

Parmi les femmes entrantes au gouvernement, Hakima El Haiti (Mouvement Populaire), patronne d'un bureau de consulting S.EAU Globe dans le domaine de l'eau, formée à l'Université de Rouen et l'Ecole des Mines de Saint-Etienne, devient ministre déléguée à l'environnement, un portefeuille qui n'existait pas.

Charafat Afilal (PPS), autre nouvelle ministre déléguée est, elle, chargée de l'eau.

ÉLECTIONs ANTICIPÉES

Le cabinet Benkirane I était issu des élections anticipées de novembre 2011 provoquées par le roi dans le contexte du printemps arabe et de protestation sociale au Maroc (mouvement du 20 février) et ont fait suite à une réforme de la constitution.

Ce scrutin avait vu pour la première fois au Maroc la victoire des islamistes modérés du PJD mené par leur leader et actuel premier ministre Abdelilah Benkirane. Celui-ci avait recueilli 27,08 % des suffrages et constitué un gouvernement de coalition avec différentes formations : Istiqlal, PPD et RNI (Rassemblement National des Indépendants).

Le Premier ministre reste relativement populaire au Maroc. Et ce remaniement intervient dans une situation économique globale au Maroc qui pourrait paraitre plutôt bonne avec un taux de croissance d'environ 5% cette année et 4% prévu par le gouvernement l’an prochain (le FMI anticipe 3.8%).

Le pays a continué aussi de voir affluer ces dernières années les investissements directs étrangers, comme l’illustre l’inauguration le 8 octobre de la deuxième ligne de l’usine Renault de Tanger ou la future usine Bombardier de Casablanca.

Représentant environ 2.8% du PIB l'an dernier selon le FMI, ces investissements directs se sont élevés à 20,7 milliards de dirhams (1,9 milliard d'euro) sur 8 mois en hausse de 31,91%.

Mais, le dynamisme actuel de l’économie doit beaucoup à une très bonne année agricole. Et le Maroc reste confronté à deux défis majeurs : maitriser ses équilibres macroéconomiques et générer de l’emploi.

Un tâche clé pour le nouveau cabinet notamment pour les titulaires de l'Économie et l'industrie

En effet, le taux de couverture des importations par les exportations dépasse à peine 50%. Le déficit commercial a atteint un sommet en 2012 à 197 milliards de dirhams (18 milliards d'euros), soit 23% du PIB!

Par ailleurs, le déficit budgétaire s’est élevé l'an dernier à 7,5% du PIB.

Le gouvernement vient, par ailleurs, fin septembre d’engager une délicate réduction des subventions publiques aux carburants. Cette réforme ("indexation"), nécessaire selon le FMI, est assumée comme telle par le Premier ministre car ces subventions expliquent environ les deux tiers du déficit de l’État.

Ce projet était mis en musique par Mohamed Najib Boulif (PJD), ministre délégué, chargé des Affaires générales et de la Gouvernance qui passe au Transport (il assiste actuellement à l'assemblée annuelle du FMI aux États-Unis). Il est remplacé par l'ex-ministre de l'éducation Mohamed El Ouafa (en rupture de l'istiqlal).

L'indexation" sur les prix de marché du pétrole a eu pour effet de faire remonter le prix de l’essence à la pompe, dans un contexte social toujours tendu.

Enfin, dernier défi et non des moindres : l'emploi. Le taux de chômage officiel de 9,4% cache un sous-emploi élevé en milieu rural. Et s'il s’élève officiellement à près de 19% en zone urbaine, ce niveau est jugé sous-estimé par les experts.

À cela s'ajoutent divers faits de société qui ont récemment agité l'opinion comme la mise en détention en septembre d'un journaliste du site Lakome accusé d'avoir diffusé une video d'Al Qaeda menaçant le Maroc ou l'affaire du "Baiser de Nador" qui a vu un juge mettre en prison deux ados pour s'être embrassés en public.

Dans un pays resté jusqu'à présent à l'écart des graves soubressauts du monde arabe et fait figure toujours "d'exception", "la pente est raide", reste à voir si la route sera droite pour Benkirane II.

Pierre-Olivier Rouaud

 

L'ambassade de France au Maroc salue le gouvernement Benkirane II
"La France salue la nomination d’un nouveau gouvernement au Maroc. Elle exprime ses félicitations aux nouveaux ministres et leur adresse ses voeux de succès dans l’accomplissement de leur mission. Les autorités françaises se réjouissent d’oeuvrer avec le nouveau gouvernement marocain à l’approfondissement du partenariat d’exception qui lie nos deux pays, auquel la visite d’État du président de la République, les 3 et 4 avril 2013, a insufflé une nouvelle dynamique. La France se tient aux côtés du Maroc pour l’accompagner dans la mise en oeuvre des réformes prévues par la constitution du 1er juillet 2011."

 

 

 

LA LISTE COMPLÈTE DU GOUVERNEMENT

(31e gouvernement du Maroc- source MAP)

 Abdelilah Benkirane : Chef du gouvernement.

- Abdellah Baha : ministre d’Etat.

- Mohamed Hassad: ministre de l’Intérieur.

- Salaheddine Mezouar : ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.

- Mustapha Ramid : ministre de la Justice.

- Ahmed Toufiq : ministre des Habous et des Affaires islamiques.

- Driss Dahak : secrétaire général du gouvernement

- Mohamed Boussaid: ministre de l’Economie et des Finances.

- Mohand Laensar : ministre de l’Urbanisme et de l'Aménagement du territoire national

- Mohamed Nabil Benabdellah : ministre de l'Habitat et de la Politique de la ville.

- Aziz Akhannouch : ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime.

- Rachid Belmokhtar : ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle.

- Lahcen Daoudi : ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres.

- Aziz Rebbah: ministre de l’Equipement, du Transport et de la Logistique.

- Moulay Hafid El Alamy: ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Economie numérique.

- Mohamed Ouzzine: ministre de la Jeunesse et des Sports.

- Lahoucine Louardi : ministre de la Santé.

- Mustapha El Khalfi: ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.

- Abdelkader Amara : ministre de l’Energie, des mines, de l’Eau et de l’Environnement.

- Lahcen Haddad : ministre du Tourisme.

- Bassima Hakkaoui : ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social.

- Ahmed Amine Sbihi : ministre de la Culture.

- Anis Birou : ministre chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration.

- El Habib Choubani : ministre chargé des Relations avec le parlement et la société civile.

- Fatema Marouane : ministre de l’Artisanat, de l'Economie sociale et solidaire.

- Abdesslam Seddiki : ministre de l’Emploi et des Affaires sociales.

- Abdeltif Loudyi : ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé de l’Administration de la Défense nationale.

- Cherki Draiss : ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur.

- Mbarka Bouaida : ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.

- Mohamed El Ouafa : ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Affaires générales et de la Gouvernance.

- Mohamed Abbou: ministre délégué auprès du ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Economie numérique, chargé du Commerce extérieur.

- Abdeladim Guerrouj : ministre délégué auprès du ministre de l'Education nationale et de la Formation professionnelle.

- Soumiya Benkhaldoun : ministre déléguée auprès du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres.

- Mohamed Najib Boulif : ministre délégué auprès du ministre de l’Equipement, du Transport et de la Logistique, chargé du Transport.

- Idriss Azami Idrissi : ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget.

- Mohamed Moubdii : ministre délégué auprès du Chef du gouvernement, chargé de la fonction publique et de la modernisation de l'administration.

- Hakima El Haiti : ministre déléguée auprès du ministre de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement, chargée de l'environnement.

Charafat Afilal : ministre déléguée auprès du ministre de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement, chargée de l'eau.

- Mamoun Bouhadhoud : ministre délégué auprès du ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'investissement et de l'économie numérique, chargé des petites entreprises et de l'intégration du secteur informel.

 

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