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Goodyear supprime 820 emplois à Amiens

Par Redaction L'Usine Nouvelle - Publié le
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Deux nouvelles sur le front du pneumatique en Picardie. Mardi 26 mai, les syndicats de l'usine Continental de Clairoix dans l'Oise (1 100 salariés) ont poursuivi les négociations entamées avec la direction du groupe autour du « maintien des contrats de tr

Ce même mardi, les syndicats de l'usine Goodyear d'Amiens dans la Somme (1 400 salariés) ont été informés en Comité central d'entreprise du projet d'arrêt de la production de pneumatiques « tourisme » sur ce site. Cette décision, leur a indiqué la direction de Goodyear Dunlop Tires France, doit entraîner la suppression de 820 postes de travail sur 1 400. L'activité de pneumatiques agricoles serait poursuivie sur ce site, mais le groupe américain envisage plusieurs options concernant l'avenir de sa division pneumatiques agricoles en Europe, dont une vente.

Dans son communiqué diffusé hier, le groupe présente sa décision comme un « vrai regret », expliquant que sa « volonté » était « d'assurer la pérennité industrielle des deux sites » et qu'il a « cherché pendant plus de deux ans des solutions pour préserver l'avenir de ses deux usines ».

Le fabricant américain de pneumatiques possède à Amiens deux usines séparées par une route, l'usine Goodyear (pneu tourisme et pneu « farm ») et l'usine Dunlop (1 300 salariés), spécialisée dans le pneu tourisme, l'ensemble constituant le premier employeur privé de Picardie.

La direction de Goodyear Dunlop Tires France s'estime « contrainte » aujourd'hui « d'envisager cet arrêt de production » chez Goodyear, les syndicats de cette usine ayant refusé un changement d'organisation du travail. Pour améliorer la compétitivité du site, la direction de Goodyear Dunlop France n'a pas ménagé ses efforts depuis deux ans pour changer l'organisation du travail et mettre en place le système des 4 x 8 (quatre équipes en rotation) au lieu des 5 x 8 (3 équipes en semaine + 2 équipes de week-end) qui revient, selon elle, à avoir « deux usines en une ». Or, l'usine Goodyear a refusé cette organisation - contrairement à l'usine Dunlop qui a fini par l'accepter - ce qui a provoqué un « divorce » entre la CGT Goodyear et la CGT Dunlop (chacune étant majoritaire sur son site) et a conduit à l'exclusion par la CGT de la CGT Dunlop devenue UNSA.

Claude Gewerc, président de la région Picardie : « Cela ressemble à un règlement de comptes »

De son côté, Claude Gewerc, le président PS de la région Picardie, estime qu'avec cette décision, la direction de Goodyear Dunlop entend envoyer un signal à l'ensemble de ses sites dans le monde, voire « faire pression » sur eux. « La direction de Goodyear peut maintenant leur dire : si vous ne cédez pas, nous mettons nos menaces à exécution. Nous avions dit que le plan social serait alourdi si les salariés ne signaient pas les 4 x 8. Et nous le faisons ».

Joint par Usinenouvelle.com, le président de la Région estime que « tout ceci ressemble à un règlement de comptes ». Sur le plan industriel, il dit ne pas comprendre la décision du groupe Goodyear Dunlop de « démanteler » le complexe amiénois. « Olivier Rousseau (NDLR : ex-directeur Goodyear Dunlop Tires France) nous disait encore récemment que la valeur du site d'Amiens reposait sur les trois ensembles que sont les pneus tourisme chez Goodyear et chez Dunlop et les pneus agricoles chez Goodyear ». Pour le président de la région Picardie, « la situation du marché du pneumatique ne peut être assimilée à celle de la sous-traitance automobile car l'essentiel du marché est constitué par des pneumatiques de remplacement, dont la vente n'est pas liée à celle des véhicules neufs ». Le fabricant de pneumatiques pourrait, selon lui, regretter sa décision à moyen terme compte tenu du « coût élevé du transport des pneumatiques et du renchérissement du baril de pétrole après la crise ».

Claude Gewerc recevra ce mercredi matin au Conseil régional de Picardie les syndicats de l'usine Goodyear (CGT très majoritaire et SUD). Il prévient cependant qu'il ne « peut pas s'immiscer dans les négociations entre direction et partenaires sociaux ».


De notre correspondante en Picardie, Claire Garnier

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