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Goodyear Dunlop : le déclin annoncé du site d'Amiens

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
GoodyearLE-COURRIER-PICARD.

Consultés par référendum vendredi et samedi, les 2 700 salariés du site picard ont rejeté le projet de mise en place de quatre équipes en rotation, effectuant 35 heures. La direction a réagi dans un communiqué.

Dans un communiqué, la direction de Goodyear Dunlop France exprime son « très profond regret » après le rejet massif par les salariés des sites Goodyear et Dunlop d'Amiens (2700 salariés) de son projet de réorganisation et de modernisation. « Cette situation va fragiliser les deux usines et aura un impact important sur les effectifs » commente l'entreprise. « Sans l'organisation du travail en 4 X 8 et sans les investissements, le site d'Amiens n'a pas d'avenir à long terme ».

Dans l'impasse avec les syndicats pour négocier les modalités d'application d'un nouvel accord d'entreprise, la direction de Goodyear Dunlop s'est adressée aux salariés des sites d'Amiens les 19 et 20 octobre avec un « projet » mêlant réorganisation du travail et modernisation de ce site dont la productivité est jugée mauvaise et le taux de rebut très important.

Ce référendum était organisé sous contrôle d'huissier sur chacun des deux sites séparés par une route, l'usine Goodyear d'un côté et l'usine Dunlop de l'autre. Le personnel des usines Goodyear Dunlop s'est massivement déplacé pour voter (92,6 % de participants). Il a répondu « non » à 64,55 % à la question posée : « Etes-vous pour le projet présenté en réunion d'information entre le 9 et le 12 septembre 2007 ? ».

Ce « paquet » global, à prendre ou à laisser, portait sur mise en place d'une organisation du travail reposant sur quatre équipes en rotation, effectuant 35 heures. Cette organisation en « 4x8 », qui prévaut dans l'ensemble de ses sites Goodyear en Europe, devait remplacer l'actuelle organisation en « 5x8 », c'est-à-dire 3x8 en semaine (35 heures) et deux équipes le week-end (28 heures).

Risque de fermeture du site
Le projet comprenait aussi un investissement de 52 millions d'euros pour produire des pneumatiques à plus forte valeur ajoutée et une suppression de 450 emplois en trois ans, sous forme notamment de départs à la retraite non remplacés. Pour l'industriel américain, l'enjeu est de diminuer la masse salariale et de faire fonctionner son complexe industriel 350 jours par an, contre 326 aujourd'hui.


La CGT, syndicat majoritaire, a appelé les salariés à dire « non » à cette nouvelle organisation, au motif que tous les salariés postés allaient travailler 22 week-ends par an dans des conditions moins favorables qu'aujourd'hui (35 heures contre 28 heures). Il a aussi mis en avant le fait que le système de 4x8 supprimait le principe « d'équipe de week-end », entraînant un changement du mode de vie des salariés, dans l'organisation des périodes de travail et de congé. « Auparavant, les salariés travaillant le week-end le faisaient sur la base du volontariat. Avec ce projet, tout le monde travaillerait le week-end » indiquait samedi avant le dépouillement Mickael Wamen, délégué CGT de Goodyear. « Même s'il peut y avoir de l'intox de la part de la direction, les salariés savent que le non peut vouloir dire fermeture du site à terme ».

Le « non » des salariés va-t-il entraîner le « déclin » promis par Goodyear, suivi d'une fermeture à terme d'un site dont la productivité est mauvaise et le taux de rebut important ? La direction de Goodyear Dunlop jointe dimanche ne faisait aucun commentaire. « La démocratie a parlé et les salariés se sont exprimés en connaissance de cause » indiquait Mickael Wamen dans la nuit de samedi à dimanche, le résultat du scrutin entre les mains. Une chose est sûre, le référendum des 19-20 octobre permet aux deux parties - direction et CGT - de s'abriter derrière la légitimité de la consultation, pour se dégager de toute responsabilité, en cas de fermeture.

De notre correspondante en Picardie, Claire Garnier

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