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Goodyear Amiens : la tension monte

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

Social

Nouvel épisode dans la « guerre » syndicale entre les deux sites Goodyear et Dunlop d'Amiens (2700 salariés). Lundi 17 mars, trois syndicats de l'usine Dunlop, dont la CGT, majoritaire, ont signé avec la direction de Goodyear Dunlop France un accord portant sur la réorganisation du travail en 4X8 dans leur usine.

Cet accord n'est pas une surprise car les syndicats de Dunlop étaient favorables à la reprise des négociations avec la direction, estimant que c'était la seule solution pour sauvegarder le site. Ils s'opposent aux syndicats CGT (majoritaire) et Sud de l'usine Goodyear qui rejettent le principe d'une négociation avec la direction sur cette nouvelle organisation du travail. Certains salariés ont exprimé leur colère en brûlant des pneus et en bloquant mardi matin l'accès au site Dunlop. La tension monte au sein de l'usine Goodyear à la veille d'une nouvelle « proposition » de la direction. Le 25 mars, elle proposera en effet aux syndicats de cette usine du de signer l'accord déjà signé par « Dunlop ».

Prenant acte des divisions syndicales entre les deux sites, David Gomez, le directeur des deux sites d'Amiens, avait déclaré en janvier aux organisations syndicales que si son groupe constatait que l'usine Dunlop était prête à signer un accord « afin de donner un avenir au complexe », alors que l'usine Goodyear ne l'était pas, il recommanderait au groupe de n'aider que Dunlop à « assurer son avenir » tout en abandonnant l'idée d'un grand complexe industriel Goodyear/Dunlop.

Avant la reprise des négociations direction/syndicats en février 2008, la direction de Goodyear Dunlop France avait annoncé un plan de réduction de la production des sites d'Amiens, tout en laissant une dernière « chance » aux syndicats, c'est-à-dire la possibilité de signer rapidement un accord sur son « projet de modernisation ».

Pour mémoire, ce « projet de modernisation » vise à améliorer la compétitivité du site dont les coûts de production sont jugés 20 % plus chers que ceux des « autres sites du groupe en Europe de l'Ouest » et parallèlement d'y injecter 52 millions d'euros pour produire des pneumatiques de véhicules de tourisme à plus forte valeur ajoutée de 15 à 18 pouces, contre 13 à 15 aujourd'hui. Pour réduire ses coûts, Goodyear Dunlop entend réduire la masse salariale en supprimant 450 postes en trois ans et ouvrir davantage son complexe industriel - 350 jours par an contre 326 aujourd'hui - en mettant en place une nouvelle organisation du travail reposant sur un passage à quatre équipes par semaine (au lieu de cinq) avec un rythme de « 35 heures par semaine pour tous ». C'est ce système dit des « 4 x 8 » en vigueur dans l'ensemble des sites Goodyear en Europe que les salariés des sites Goodyear Dunlop d'Amiens avaient rejeté en octobre 2007 par Référendum.

De notre correspondante en Picardie, Claire Garnier

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