GM pourrait à nouveau restructurer Opel
Par Barbara Leblanc - Publié le
L’histoire d’Opel n’a jamais été simple ces dernières années. Analystes et banquiers sont unanimes. Son avenir s’embourbe à nouveau. Certains évoquent même une probable faillite de la filiale européenne de General Motors.
Depuis le 21 novembre, c’est Steve Girsky qui est président du conseil de surveillance d’Opel. Une nomination voulue par General Motors pour tenter de redresser la barre sur le marché européen, touché par la crise de la dette notamment. La direction a aussi nommé Dan Ammann, chef financier, et Tim Lee, président des opérations internationales, au sein du conseil d’administration.
Or, ces changements ne sont pas anodins. Lors de sa prise de fonctions, Steve Girsky a affirmé que GM mettrait l’accent sur le renforcement des marges et la réduction des coûts en misant sur l’aura mondiale du groupe.
Nouveaux partenaires
Selon les analystes, le tout nouveau président, ancien banquier à New York, pourrait chercher de nouveaux partenaires à la firme européenne pour partager les coûts de production notamment. Voire pour céder la marque. Une telle transformation ne devrait pas se faire sans casse, surtout sur le plan social.
Des suppressions d’emplois et des fermetures d’usines en Europe pourraient intervenir. Klaus Franz, le président du comité d'entreprise d'Opel a exigé de General Motors au début du mois de novembre qu'il ne spécule pas sur l'avenir de la firme.
Pour l’analyste de Morgan Stanley, Adam Jonas, la direction de General Motors voudrait garder la main depuis Détroit et veut faire face à une baisse des commandes en Europe. Plus globalement, il "accepterait une transformation indéniable pour la firme européenne, devenue nécessaire, malgré les réticences exprimées jusque là par les gouvernements et le constructeur lui-même".
En 2009, au moment de la faillite du groupe américain, General Motors avait retourné sa veste et décidé de ne pas céder sa marque européenne à un consortium mené par Magna et Sberbank après plusieurs mois de négociations impliquant notamment le gouvernement allemand. Le constructeur avait alors lancé une vaste restructuration, comprenant notamment la suppression de 8 300 emplois et des concessions salariales de 265 millions d’euros par an jusqu’en 2014.
Victime de la crise
Ces modifications dans l’organigramme de GM interviennent quelques semaines après l’assurance de la direction qu’aucun projet de cession n’était en cours pour Opel. Mais depuis, la crise de la dette a sévi en Europe, la demande a ralenti et GM a abandonné son objectif de rentabilité pour Opel en 2011.
Reste que pour sauver Opel, il faudra à la direction de GM trouver un partenaire. Or, ni Magna, ni Fiat (un temps suspecté d’avoir les yeux rivés sur la marque) ne sont prêts à s’allier à la marque européenne de GM. "Il est difficile de vendre des actifs en Europe actuellement, encore plus pour Opel, qui n’est pas en bonne situation économique", estime un analyste. A l’instar de Saab, il pourrait alors rester la piste de repreneurs chinois. Mais la question de l’accès aux technologies et à la propriété intellectuelle pourrait là encore être un frein.
Au final, les rumeurs en cours sur l’avenir d’Opel pourraient être un prélude à une restructuration massive du groupe, selon les analystes. Une telle annonce ne devrait pas être faite officiellement avant le début de l’année 2012, date à laquelle General Motors doit annoncer sa stratégie pour les années à venir.

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