GM met la Chine dans son moteur
Le 18 août 2010 par Barbara Leblanc

GM revient en Bourse « pour prouver qu’il est capable de s’assumer »
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L’ américain General Motors a choisi son partenaire chinois Shanghai Automotive Industry Corp (SAIC) pour développer des moteurs et boîtes de vitesse propres. L’occasion pour l’américain d’accroître sa présence sur le territoire chinois et de préciser sa stratégie à quelques jours de son introduction en Bourse.
General Motors va rattraper son retard en matière de technologies et renforcer sa stratégie en Chine. Le constructeur américain va développer des moteurs et boîtes de vitesse consommant moins d’énergie avec son partenaire chinois SAIC.
Concrétement, les constructeurs vont réduire les cylindrés des moteurs pour baisser la consommation de CO2, tout en conservant les mêmes performances grâce à l’injection directe. Un segment sur lequel l’américain était en retard, des groupes comme Renault ou Fiat ayant déjà lancés des produits similaires. « C’est un passage obligé pour GM, précise Bertrand Rakoto, analyste automobile chez R.K.Polk. A la veille de son IPO, il veut démontrer qu’il est dans la mouvance mondiale et qu’il est tourné vers l’avenir ».
-10% de consommation
Selon les termes de l’accord, les constructeurs vont partager la propriété intellectuelle de leurs technologies à l’échelle mondiale. SAIC utilisera les nouveaux moteurs d’un à 1,5 litres sur les voitures de ses propres marques, comme Roewe. Les boîtes de vitesse qu’ils vont concevoir devraient leur permettre de réduire de 10% la consommation d’énergie par rapport aux boîtes traditionnelles à six vitesses. Soit une économie d’un cinquième du carburant. Elles devraient être commercialisées en 2012. L’ensemble de ces nouveaux produits seront produits à Détroit et sur le site de Shanghai Asia Technical Center.
« Dans un premier temps, les produits devraient être lancés en Chine, car le pays a besoin de moteurs qui polluent moins, face à sa croissance importante », affirme l’analyste. En Chine, l’objectif est de réduire de 45% la consommation d’énergie par unité de PIB entre 2005 et 2020. Un programme dans lequel le développement de voitures propres devrait prendre une large part, la presse évoquant une enveloppe de onze milliards d’euros pour ce segment. « Mais à terme la technologie pourrait être utilisée voire produite aux Etats-Unis, en Europe et en Amérique latine », précise-t-il.
La Chine, « un marché moderne »
Cet accord devrait bénéficier autant à General Motors qu’au constructeur chinois. Pour l’américain, c’est l’occasion de dévoiler sa stratégie et de rassurer les investisseurs quelques jours avant son introduction en Bourse. « General Motors semble considérer la Chine comme un marché moderne sur lequel on peut apporter des innovations et non pas comme un marché de distribution de modèles développés ailleurs », assure l’analyste.
Quant à SAIC, il démontre qu’il peut développer lui-même sa propre technologie et qu’il entend en être propriétaire. Une rupture par rapport à la pratique des constructeurs chinois, qui jusque là achetaient leur technologie à leurs homologues japonais ou occidentaux. Pour plusieurs analystes, SAIC pourrait aussi en profiter pour entrer au capital de GM lors de sa prochaine introduction en Bourse. Pour l’heure, le président du groupe chinois Hu Maoyuan assure qu’il est « impossible pour l’instant de se prononcer, sans connaître les détails de l’introduction en Bourse ».

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