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GM conservera Opel

Par Raphaële Karayan - Publié le
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Le conseil d’administration a tranché hier, la vente à Magna / Sberbank ne se fera pas. GM préfère restructurer sa filiale européenne en interne, ce qui lui coûterait 3 milliards d’euros. Mais de nombreuses questions restent en suspens.

Dernière mise à jour le 4/10/09 à 15h05

Des mois et des mois de négociations pour en arriver là : on ne change rien, simplement on restructure. General Motors, dont le conseil d’administration se réunissait hier, a finalement décidé, de conserver sa filiale européenne Opel dans son giron et d’abandonner sa cession à Magna / Sberbank. L’Etat américain, actionnaire majoritaire de GM, a aussitôt précisé qu’il n’était pas intervenu dans cette décision.

Justifiant d’un «environnement devenu plus favorable» et de « l'importance d'Opel/Vauxhall pour la stratégie internationale de GM », le constructeur a déclaré qu’il préférait restructurer plutôt que vendre. Un plan de restructuration sera rapidement présenté aux gouvernements concernés, annonce-t-il dans un communiqué.

La santé financière de GM s’est-elle à ce point améliorée ? Les ventes en octobre ont enregistré leur première progression sur un an depuis 21 mois, à +4,7%. Mais depuis janvier, le recul est encore de 34%, sachant que la base en 2008 était déjà basse. Vraisemblablement GM, qui est sorti du Chapitre 11 en juillet, n’a plus besoin d’autant de cash qu’avant son dépôt de bilan, moment où il avait engagé le processus de vente d’Opel. La scission en deux des activités du constructeur, consécutive à sa restructuration sous la protection du Chapitre 11, a réussi. Et surtout, un rapport du gouvernement américain a signalé cette semaine que l’administration Obama tirait un trait sur une partie de sa créance, ce qui donne de l’air au constructeur.

Ne plus vendre Opel signifie aussi, pour GM, garder son savoir-faire en matière de petits modèles et et ne pas céder de droits de propriété intellectuelle aux concurrents russes, la marque Chevrolet occupant une position stratégique sur ce marché. Les ingénieurs de la filiale européenne sont à l’origine de modèles à succès, comme les compactes Chevrolet Malibu et Buick LaCrosse, construites sur des plateformes Opel. GM mise par ailleurs sur la percée de petits modèles aux Etats-Unis, qui pourront aussi être vendus sur les marchés émergents, et pour lesquels il a besoin du savoir-faire d’Opel. Notamment s’il veut concurrencer les futurs petits modèles de Chrysler, introduits aux Etats-Unis par Fiat.

"Le rebond du marché automobile européen profite particulièrement bien à Opel, qui possède une large gamme de petits modèles et de voitures moyenne gamme, explique Guillaume Mouren, analyste automobile chez Xerfi. La marque devrait être dans le vert au dernier trimestre. Ces petits modèles margent aussi de mieux en mieux aux Etats-Unis." Si l'on peut trouver des raisons au revirement de GM, ceci n'empêche pas l'analyste de s'avouer très surpris par cette décision.

Pour Fritz Henderson, le patron de GM, la décision apparaît comme désaveu. Le directeur général ne présentait-il pas, il y a quelques semaines encore, la vente à Magna comme l’issue la plus probable et le meilleur choix pour l’entreprise ?

Pour Magna, qui voulait conquérir le marché russe, c’est une mauvaise nouvelle. Pour l’action aussi, qui a gagné 18% sur les douze derniers mois. Dans le même temps, cela lui évitera de perdre ses clients constructeurs qui menaçaient de retirer leurs budgets ne voulant pas d’un fournisseur-concurrent. La commission européenne à la concurrence aurait également pu obliger l'équipementier à se séparer de certaines activités pour donner son feu vert à l'acquisition.

Pour la Russie, tout n’est pas perdu puisque GM a l’intention d’intensifier son partenariat avec Gaz, qui envisageait de se rapprocher de Magna Sberbank pour profiter du savoir-faire d’Opel. Cependant, la Russie a annoncé qu’elle étudiait les recours juridiques possibles pour contester la décision du constructeur américain.  

L’Allemagne a exprimé un fort mécontentement à l’annonce de ce revirement, alors qu’elle œuvre depuis des mois en faveur d’une reprise par Magna, et qu’elle a promis une aide de 4,5 milliards d’euros à Opel. Selon le ministre de l’Economie du Land de Thuringe, GM se serait engagé à remboursé d’ici à fin novembre le prêt relais de 1,5 milliard d’euros déjà accordé par Berlin. Quant au ministère fédéral de l’Economie, il juge le comportement de GM « totalement inacceptable ».

En Grande-Bretagne en revanche, en apprenant la nouvelle le gouvernement a proposé d’apporter son concours financier à GM. Le syndicat britannique Unite a lui aussi accueilli favorablement la décision, qualifiée de «meilleure solution possible pour la Grande-Bretagne». Réaction positive, aussi, en Pologne.

La restructuration d’Opel coûterait selon GM environ 3 milliards d'euros. La question de son financement reste ouverte. Dans tous les cas, le constructeur n’est pas autorisé à utiliser l’argent émanant de laide fédérale pour ses activités à l’étranger.

En termes de destructions d’emplois, le coût serait supérieur, à court terme au moins, à celui d’une reprise par Magna. Les syndicats allemands ont appelé à des arrêts de travail pour protester contre la décision. IG Metall a notamment indiqué que quatre sites de production allemands seraient en grève jeudi, et que le mouvement pourrait s'étendre à d'autres sites en Europe vendredi. Magna ou pas, selon Guillaume Mouren, de toute façon rien ne change le destin à moyen terme d'Opel : il fallait  réduire les effectifs, voire fermer des sites.

Opel emploie 50.000 salariés en Europe. Dans tous les pays où il possède des usines, les syndicats avaient conclu des accords avec Magna à l’issue de longues négociations, notamment pour obtenir des garanties en termes d’emploi en échange de concessions sur les salaires. A l’échelle européenne, les représentants des salariés avaient accepté d’abaisser les coûts salariaux à hauteur de 265 millions d'euros par an, en échange d’une participation de 10% dans le capital de la nouvelle entité. Tous ces accords, conclus avec Magna, ne devraient pas valoir dans le cadre d’une restructuration par GM. Les syndicats n’y sont pas favorables.

La décision du conseil d’administration de GM met fin provisoirement à 7 mois de négociations, émaillés d’atermoiements pour désigner tout d’abord le futur repreneur entre Magna et RHJ, de batailles politiques et diplomatiques entre les Etats-Unis, l’Allemagne, l'Espagne, la Grande-Bretagne et la Commission européenne, et de luttes syndicales dans les pays abritant des usines Opel. 

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5 réactions

Séb, ing pour un soutraitant d'Opel à Eisenach | 05/11/2009 - 09H03

Bonjour,

Merci à Viking de faire un commentaire pertinent.. à salaire net équivalent, les salaires brut sont en effet ici beaucoup plus élevés qu'en France pour une raison toute simple: différence brut/net en France ==> 20% ... différence brut/net en Allemagne ==> 45 à 50%

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sogelosy | 04/11/2009 - 18H30

Merkel a été égoïste (comme d'habitude), elle n'a jamais défendu les travailleurs belges, polonais, anglais, français de chez Opel, seulement défendu les intérêts allemands (comme d'habitude), les autres pays peuvent crever.
Et la crise touche tout le monde : les sociétés allemandes comme Siemens, Bosch, SAP, BMW, etc licencient des milliers de personnes, alors les sociétés Allemandes sont de méchants capitalistes aussi ?

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viking | 04/11/2009 - 16H45

Heu je ne comprends pas c'est un pamphlet anti-allemand? "les salaires en Allemagne sont exorbitants" oui et en plus on y paye plus d'impots tant et si bien que cela revient à un net francais...je sens une grande rancoeur et de mauvaise fois dans les propos de Dracos

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Dracos | 04/11/2009 - 15H24

Non seulement GM ne remboursera pas les 1.5 milliards à l'Allemagne, mais en plus GM demandera que l'Allemagne finance en grande partie les 3 milliards nécessaires à la restructuration d'Opel.
Pourquoi l'Allemagne aurait-elle fait cadeau de 1.5+4.5 milliards à Magna ? De quel droit l'Allemagne s'indigne-t-elle quant à la décision d'un propriétaire de garder son bien ? Angela Merkel a été réélue, et c'est là tout ce qu'elle voulait. De toutes façons, Opel emploie beaucoup trop de personnes improductives pour être rentable. De plus, les salaires en Allemagne sont exorbitants. Il est temps que les allemands redescendent de leur piédestal.

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lallemandne | 04/11/2009 - 14H13

Les societes Allemandes licencient aussi les gens par milliers et appliquent un capitalisme honteux en exploitant les pays de l'Est et la Chine.

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