Le groupe de défense cède son activité de services informatique à la SSII, après de longs mois de négociations. Quelque 500 postes vont être transférés de Thales à GFI, mais le climat social est difficile. Les syndicats dénoncent une "régression de carrière", pour ces salariés qui passent d'un grand groupe à une SSII.
Les négociations auront duré un peu plus d'un an, mais l'accord en enfin signé. GFI Informatique va pouvoir racheter Thales Business Solutions, la division d'informatique de gestion du groupe de défense."Nos deux conseils d'administration ont signé un premier accord le 30 juillet. La finalisation de l'opération doit être bouclée en septembre après notamment à l’approbation des autorités de la concurrence", explique à L'Usine Nouvelle, Vincent Rouaix, PDG de GFI Informatique. Avec cet accord, dont le montant n'a pas été communiqué, environ 500 postes de Thales passent sous le giron de la SSII.
Pour Thales, il s'agit de se recentrer sur son cœur de métier, à savoir l'aérospatiale et de la défense. Pour sa part, GFI compte renforcer ses activités auprès de grands comptes, notamment dans le secteur bancaire (BNP) ou aéronautique (Airbus). "Nous allons pouvoir globalement renforcer notre position sur le secteur industriel", estime Vincent Rouaix.
GFI récupère également des compétences qu'elle ne possédait pas, principalement dans le domaine du PLM (Product Lifecycle Management ou gestion du cycle de vie des produits). La SSII va également pouvoir intégrer l'activité de conseil de Thales Business Solutions.
Enfin, GFI va reprendre les contrats en cours de Thales dans le domaine des services informatiques. La SSII va désormais les assurer pour le compte du groupe de défense. "Nous allons créer un partenariat à long terme avec le groupe Thales qui va entrer dans le TOP10 des clients de GFI ", poursuit Vincent Rouaix. Cette poursuite des contrats en cours pour le compte de Thales représente environ la moitié des 70 millions de chiffre d'affaires de Thales Business Solutions.
Des syndicats opposés au rachat
Le passage sous giron GFI n'est pas du goût d'une grande partie des salariés de Thales Business Solutions, assurent les syndicats, qui restent opposés à l'opération. "Ce rachat est vécu comme une régression de carrière. Un ingénieur informatique se fait en général embauché dans une SSII, travaille pour des clients et se fait ensuite embaucher chez un de ces clients, donc en général un grand groupe comme Thales. Mais il fait rarement le chemin inverse, explique Pascal Bosson, délégué général CFDT et élu en comité d'entreprise de Thales services. Vous avez des personnes qui ont 20 ou 30 ans de maison, qui ont fait un choix de groupe et à qui ont dit : maintenant vous allez dans une SSII. C'est cette perspective qui ne passe pas du tout auprès de la moitié du personnel".
Autre problématique, la convention collective de GFI est celle des sociétés informatiques (proche Syntec), bien moins favorable que celle de Thales (métallurgie). Les syndicats ont mené différentes opérations, dont des blocages d'activité durant les négociations. Ils s'estiment aujourd'hui dans l'impossibilité d'émettre un avis éclairé sur l'accord, de part le trop faible niveau d'informations consenti par leur direction. Le CE de GFI, comme celui de Thales, portent donc l'affaire en justice, respectivement devant le TGI de Bobigny et de Versailles, pour obtenir la suspension du projet.
GFI entend bien entendu calmer le jeu. "Nous sommes ravis d'accueillir les équipes de Thales. Notre stratégie est de développer un partenariat solide et pérenne avec Thales qui permettra à la transition de se faire dans les meilleures conditions", assure Vincent Rouaix.
Pour le semestre écoulé, GFI affiche un chiffre d'affaires de 320,9 millions d'euros, en progression de 2,4 % par rapport au premier semestre 2011. La marge opérationnelle est de 5%, en légère baisse par rapport à 2011 (5.1%). "La marge opérationnelle devrait croître à nouveau au second semestre et les acquisitions opérées ou en cours devraient contribuer dans un avenir proche à consolider le Groupe tant au niveau opérationnel qu’en termes de profitabilité", conclut son président.
Personne n'était disponible dans l'immédiat chez Thales.









