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Quotidien des Usines

Gestion de projet : Giffard se réorganise dans la confiance

Frédéric Parisot

Publié le

Suite au rachat d'un concurrent, le fabricant de liqueurs et de sirops a étudié les peurs et les attentes des salariés pour créer des synergies entre les deux entreprises.

Gestion de projet : Giffard se réorganise dans la confiance
chez le liquoriste, chacun s’est mis à la place de ses collègues.

Réunir deux sociétés ne rime pas forcément avec angoisse et licenciement. Le projet de l'angevin Giffard, un fabricant de liqueurs et de sirops qui réalise un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros, a même abouti à une embauche. Après avoir racheté, en 2010, le liquoriste rhônalpin Bigallet dont le chiffre d'affaires atteint 5,5 millions, Giffard voulait tirer avantage des complémentarités des deux entreprises en conservant les deux marques. « Nous avions déjà effectué des modifications dans nos services des achats, mais il nous fallait aller plus loin sur le commercial, la R et D et le système d'information », explique Bruno Giffard, le PDG des deux sociétés.

Un projet de réorganisation comme celui-ci provoque forcément des réticences, voire de la méfiance, parmi les collaborateurs. Aussi Bruno Giffard s'est appuyé sur une méthode développée par l'Université de technologie de Compiègne (UTC), la PAT-Miroir, qui vise à rétablir la confiance. Début 2012, il fait appel à un consultant pour l'appliquer. S'ensuivent deux jours de réunions avec les représentants des principaux services des entreprises. On leur demande de recenser les peurs, attraits et tentations, soit les PAT, suscités par le projet. Les peurs révèlent les dangers potentiels qu'une personne peut identifier, qui sont sources de blocage ou de perte de confiance dans les relations. Les attraits expriment les intérêts de chacun à s'investir dans une relation constructive. Les tentations enfin sont des comportements opportunistes qui mènent à l'échec du projet.

PAT-MIROIR, ÇA VEUT DIRE...

  • P pour « peurs »
  • A pour « attraits »
  • T pour « tentations »
  • Miroir car il s'agit d'imaginer les PAT de ses collègues.

 

L'adhésion est totale

L'originalité de la méthode ? On demande aux collaborateurs de se mettre à la place de leurs collègues. « Les salariés ont du mal à exprimer spontanément leur ressenti, note Bruno Giffard. Mais si on leur demande quelles seraient leurs peurs s'ils étaient à la place du responsable des ventes ou du responsable de production, on voit ressortir des éléments beaucoup plus intéressants. » Parmi les PAT identifiés, il y a, par exemple, la peur pour les commerciaux d'avoir deux fois plus de travail, puisqu'ils devront vendre deux marques au lieu d'une. Un attrait pour Bigallet est de progresser à l'export grâce au réseau de distribution de Giffard. Et une tentation pourrait être de se servir du fichier de clients de l'autre société plutôt que de prospecter. Plus de 100 PAT sont ainsi dégagés. Ils sont classés grâce à un logiciel développé par des chercheurs de l'UTC, qui aide la direction à élaborer un plan d'action. « Les peurs servent à formaliser les précautions à prendre, les attraits à définir des objectifs et les tentations à définir des règles de comportement », explique Gilles Le Cardinal, associé-fondateur de Cooprex international et inventeur de la méthode.

Ce plan d'action, Bruno Giffard le présente en juin à l'ensemble des salariés. Il comporte des projets qui d'ordinaire auraient été à l'origine de conflits : nouvelle politique commerciale, lancement de projets communs de R et D, évolution des procédés de fabrication et refonte du système d'information des entreprises. Pourtant, l'adhésion est totale. « Comme les propositions du plan d'action reflètent les PAT des salariés, on évite le schéma classique où chacun veut tirer la couverture à soi », conclut Bruno Giffard. Depuis, le PDG de Giffard et de Bigallet envisage l'avenir plus sereinement. Il vient même de recruter le premier commercial commun aux deux marques.


Comme le plan d’action
vient des salariés, on évite
le schéma classique où chacun
veut tirer la couverture à soi.

Bruno giffard, PDG de Giffard et de Bigallet

 

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