Gérer les retombées d'une demande accrue d'énergie
Par PROPOS RECUEILLIS PAR LUDOVIC DUPIN - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3197Du 12 au 16 septembre à Montréal, se tiendra le Congrès mondial de l'énergie, organisé par le World Energy Council (WEC). Il a la volonté de s'inscrire dans Copenhague. Pierre Gadonneix, ancien président de GdF et d'EdF et président du WEC, envisage cet événement comme un outil de consensus international.
Dans quel cadre va s'inscrire le congrès du Conseil mondial de l'énergie (CME) ?
Il est organisé à un moment pertinent. Beaucoup de sujets d'actualité sur l'énergie préoccupent les opinions et les gouvernements du monde comme la hausse du prix de l'énergie, sa disponibilité, la relance du nucléaire. Il s'inscrit à un moment crucial du calendrier des négociations internationales sur le climat, entre deux moments clés du processus de dialogue entre les pays pour favoriser un développement durable et raisonné. En effet, il se tiendra entre la conférence de Copenhague, qui était la 15e Conférence des parties, dite « COP », et la 16e Conférence qui se tiendra au Mexique, à Cancun, en décembre 2010. Un accord a été établi à Copenhague, notifié par l'ensemble des pays, mais toutes ses modalités concrètes restent à préciser (que ce soient sur les transferts de technologie, les financements, le pilotage des engagements nationaux de réduction des émissions de CO2 etc.). L'enjeu est de trouver les moyens concrets pour faire en sorte que la consommation accrue d'énergie n'introduise pas des conséquences inacceptables sur l'environnement. On doit développer des outils capables de répondre aux enjeux des politiques énergétiques tout en favorisant le développement durable. De plus, le congrès de Montréal suivra aussi les sommets du G8 et du G20 qui l'auront précédé en juin, au Canada.
Le sommet de Copenhague n'a-t-il pas prouvé qu'un consensus pour une production durable était impossible ?
Absolument pas ! C'est vrai que l'Europe est arrivée avec des solutions qu'elle estimait pertinentes et que les pays émergents ont jugé qu'elles ne leur convenaient pas. Mais, en même temps, à Copenhague, et c'est remarquable, les pays en développement et les pays émergents (les Brics notamment - Brésil, Russie, Inde, Chine) ont déclaré pour la première fois depuis Kyoto que les problèmes soulevés étaient légitimes. Ils ont aussi confirmé qu'ils étaient concernés et devaient participer à la solution. Ils ont affirmé leur participation active au processus, mais ont suggéré que de nouveaux modes de gouvernance et des alternatives aux solutions mises en avant par l'Europe et l'United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC ) devaient être mis en place. Ces pays souhaitent participer à la protection collective de l'environnement, mais pas au prix de leur croissance en plein essor et inévitablement énergivore.
Quels types de préoccupations sont mises en avant ?
J'en vois trois. D'abord, il y a la question de la sécurité d'approvisionnement. D'ici à 2030, la demande d'énergie mondiale aura doublé. Et nous ne pourrons pas compter indéfiniment sur les énergies fossiles pour assurer le développement économique. Deuxièmement, il y a des problèmes en matière d'environnement. L'utilisation non optimisée d'énergie, et pas seulement d'origine fossile, donne lieu à des pollutions. Il faut donc en limiter les conséquences aux niveaux local et global, comme le réchauffement climatique. Enfin, il faut que le développement durable ne menace pas le développement économique et social d'un pays et n'entrave pas l'amélioration du niveau de vie. Le CME développe un processus pour que tous les pays puissent réfléchir ensemble à réduire les divergences de leurs politiques. Ce n'est pas facile, mais tout le monde a maintenant conscience que les problèmes ne peuvent pas se résoudre seul. Par exemple, une taxe carbone mise en place isolément dans un pays ne servira à rien. En revanche, intégrée à une politique globale, elle devient une réponse possible et pertinente.











