Gérard Mestrallet: "Nous renforçons notre position dans les pays émergents à forte croissance"
Le 03 septembre 2010 par Ludovic Dupin | L'Usine Nouvelle n° 3203
ENTRETIEN EXCLUSIF Gérard Mestrallet, le PDG de GdF Suez, révèle les raisons stratégiques qui l'ont poussé à prendre le contrôle du britannique International Power.
Pourquoi teniez-vous tant à prendre le contrôle du groupe britannique International Power (IP) ?
Cette opération nous permet de devenir la première utility en termes de chiffre d'affaires et le premier électricien non nucléaire du monde, mais aussi le premier gazier européen. Elle sert notre ambition qui est de construire un groupe positionné dans l'énergie et l'environnement. GdF Suez s'appuie sur trois activités, réparties de manière égale, l'électricité, le gaz et les services. Avec IP, dont l'essentiel des actifs est hors d'Europe, nous développons principalement notre activité électrique et dans une moindre mesure gazière. Nous renforçons ainsi notre position à l'international et particulièrement dans les pays émergents à forte croissance. Dans ces pays, les besoins sont immenses, la demande est considérable. C'est le cas au Moyen-Orient et en Asie, mais également en Amérique latine.
Vous défendez cette opération en expliquant qu'elle aura des retombées positives pour le groupe en France. Lesquelles ?
La France a la chance de disposer de groupes énergétiques de classe mondiale, dont nous faisons partie. Dans notre pays, par le poids de d'histoire, nous étions avant tout connu comme un grand gazier. Mais les Français ne savaient pas que, depuis trois ans, GdF Suez est le groupe qui a le plus investi dans le domaine énergétique et le plus augmenté les capacités électriques du pays. Avec 100 000 salariés et 10 000 embauches par an en France, notre contribution à l'emploi est essentielle à notre pays. Nous nous développions, mais silencieusement. Avec cette opération, nous devenons un acteur global de l'électricité et la première société de services aux collectivités au monde. Cette visibilité et cette crédibilité vont nous aider dans les appels d'offres en France.
IP n'est pourtant pas présent dans le nucléaire. Est-ce que cela remet en cause votre stratégie dans ce domaine ?
Notre objectif à long terme est maintenu. Mais compte tenu de l'horizon de temps des projets, la part du nucléaire dans le mix énergétique du groupe (15 % en 2010) va diminuer d'ici à 2020, avant de grimper à environ 15 % entre 2020 et 2030. GdF Suez participera à un certain nombre de projets dès le début de cette décennie, grâce à des accords avec Iberdrola et Scottish and Southern Energy en Grande-Bretagne et avec E.on en Italie. En Roumanie, nous faisons partie du consortium retenu pour construire deux réacteurs. Au Brésil, nous nous sommes rapprochés d'Electrobras et de sa filiale Electronuclear.
Et en France ?
Nous demandons l'autorisation de construire un réacteur Atmea, développé par Areva, dans la vallée du Rhône. Nous n'avons pas encore de réponse, mais je suis patient.
Votre partenariat avec Areva pour développer Atmea sera-t-il remis en cause si EdF devient actionnaire de ce même Areva ?
Nous sommes un grand client d'Areva et nous souhaitons le rester. La présence d'un concurrent au capital de la société sera pour nous, comme pour les autres électriciens, un point d'attention. Il ne faudrait pas qu'il y ait une distorsion de concurrence...
Est-ce que vos activités dans l'environnement et les services à l'énergie ne vont pas pâtir du poids pris par la production d'électricité suite à l'acquisition d'IP ?
Non, au contraire, elles vont en bénéficier. IP nous donne accès à de nouvelles zones géographiques et nous renforce dans d'autres. La branche services à l'énergie est surtout présente en Europe. Elle entame son développement au Moyen-Orient et en Chine. La présence d'IP dans ces zones lui servira d'accélérateur. L'originalité de cette opération est que nous ne versons pas d'argent. C'est IP qui donne un dividende exceptionnel à ses propres actionnaires. Nous transférons uniquement des actifs et des dettes, de façon à prendre 70 % du capital d'IP. Cette opération est « cash less ». Mon objectif était de préserver la bonne structure finan-cière de GdF Suez et de maintenir intacte sa capacité d'investissement, que je compte même porter de 10 à 11 milliards d'euros par an dès l'année prochaine.
1 réaction
stitch | 04/09/2010 - 10H02
Dès lors, pourquoi un groupe si puissant et si plein de succès s'est-t-il abaissé à ruiner son sous-traitant nazairien LE GROUPE AMPLINKS, alors en pleine croissance, en débauchant son personnel afin de s'approprier son savoir faire et d'économiser le coût des prestations ?
Ce "détournement", tel qu'il a été qualifié par le Tribunal de Commerce de Nantes, dans son jugement rendu le 19 mai 2008, a causé la destruction de 65 emplois sur Saint-Nazaire et 60 autres à venir, la perte du savoir faire en matière de gestion de données et de documents (sauf pour GDF) et la ruine personnelle d'un entrepreneur privé (non financé à 80% par l'état comme l'était GDF à l'époque...)

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