Gérard Mestrallet décrit une époque compliquée
Par Ludovic Dupin - Publié le
A l'occasion de ses voeux ce 19 janvier, le patron de GDF Suez évoque un "avenir incertain de l’économie et du secteur de l’énergie". Il ne revoit pas pour autant les ambitions de son groupe à la baisse.
2011 clôt une année forte en annonces : finalisation de l’acquisition d’International Power, accord avec le fonds chinois CIC, basculement de la distribution du gaz naturel liquéfié des Etats-Unis vers la Chine… Pour autant, la période reste difficile. "Ce n'est pas très facile d'être optimiste aujourd'hui. On entre dans le brouillard en ce début 2012" a lancé Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez à l’occasion de ses vœux à la presse ce jeudi 19 janvier.
"Qui aurait pu prévoir le printemps arabe, la crise de la dette, l’accident de Fukushima et le débat sur les gaz de schiste en France ?", lance le patron. Gérard Mestrallet juge que la crise bancaire et financière n’est pas finie et que la croissance économique est proche de zéro. "A ces incertitudes financières, s’ajoutent des incertitudes sur l’énergie notamment en Europe", ajoute-t-il. Le patron de GDF Suez s’inquiète de l’application de nouvelles règles du jeu et de taxation dans le secteur de l’énergie. "Les Etats sont endettés et les utilities sont une cible facile !", lance-t-il.
Pour le groupe GDF Suez, il parle de plusieurs incertitudes, à commencer par les tarifs du gaz en France sur lesquels le conseil d’Etat a statué en fin d’année. Une augmentation des tarifs a eu lieu le 1er janvier, mais le groupe a perdu environ 300 millions d’euros au second semestre 2011. Ensuite, le nucléaire belge reste incertain. Le groupe devra verser une contribution de 550 millions d’euros, une somme sur laquelle le PDG n’est "pas content". Quant à l’arrêt de l’atome en Belgique, le nouveau ministre a lancé une étude sur l’approvisionnement énergétique dans le pays. "Nos centrales fonctionneront en 2012, en 2013, en 2014... Elles seront peut-être arrêtées en 2015, en attendant la vie continue", souligne-t-il.
Pour autant, pas de frilosité. En 2012, le groupe renouvelle son ambition et continuera son niveau d’investissement de 11 milliards d’euros par an. Deux objectifs importants sont d’atteindre 150 GW de puissance installée d’ici 2016 dont 50 % hors du Vieux Continent et le doublement de la vente de gaz naturel liquéfié sur les marchés émergents d’ici 2020.

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