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Geely- Volvo : le début de l’histoire

Par Fabrice Frossard - Publié le
Fabrice Frossard

En revendant pour 1,8 milliard de dollars Volvo au constructeur Zheijang Geely, Ford finalise un tournant dans sa stratégie de portefeuille de marques « premium » mise en place par Jacques Nasser, PDG de Ford. A son arrivée en 1999, Jaques Nasser voyait grand pour le constructeur. Au portefeuille déjà bien garni avec Aston Martin et Jaguar, des parts dans Mazda, Nasser ajoutera Land Rover racheté à BMW, et Volvo. Pour ce dernier, Ford déboursera la coquette somme de 6,45 milliards de dollars. Avec la revente de Volvo, Ford sort du « premium » au profit d’une stratégie « cœur de marque ». Un mouvement en phase avec celui de GM qui nettoie lui aussi son portefeuille pour tenter de retrouver des couleurs financières.

A ce resserrement, ou délitement,  marketing et industriel américain, la Chine répond avec une frénésie de créations et de rachats. Récemment un concessionnaire français revenu de Chine m’avait confié son étonnement devant l'activisme automobile de l’Empire du milieu. Pour lui, cela ressemblait au début de l'automobile du XXème siècle, où de nombreux artisans créaient leur premier modèle depuis un garage. Selon lui environ 200 « constructeurs » se seraient ainsi lancés sur le marché chinois.

Mais peu sont à la hauteur des ambitions et moyens de Geely. En rachetant Volvo, Li Shufu, le PDG de Geely entend passer d’un statut de fabricant de voitures low-cost pour les masses à un constructeur de classe « premium » et être reconnu comme tel sur son marché domestique. Sa stratégie rejoint et surpasse celle de l’autre constructeur chinois, BAIC, qui a racheté une partie de la propriété intellectuelle et des lignes de production de l’autre constructeur suédois, SAAB. Avec ces outils BAIC entend ainsi accélérer la mise au point d’une nouvelle ligne de voitures, plus haut de gamme et performante que ses modèles actuels.

Ces rachats, appuyés et encouragéss par le gouvernement chinois sont symptomatiques du mouvement de balancier de l’histoire. La récession autorise la Chine et ses entrepreneurs a racheter à bas prix des actifs industriels et intellectuels. Des actifs qui lui permettront de  s’affranchir progressivement des transferts technologiques avec les entreprises étrangères soucieuses de s’implanter sur leur marché, et surtout, une fois les produits matures, à alimenter son marché domestique.

Une stratégie fondée sur un long terme, un temps maîtrisé par cette conjonction du politique et du capitalistique.

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