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Geci International se lance dans la construction d'avions

Par Guillaume Lecompte-Boinet - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2972

La société parisienne d'ingénierie a enfin mené à terme un projet d'avion utilitaire qui sera construit avec des partenaires portugais.

Nom de code : Skylander. Premier vol : fin 2007, si tout va bien. C'est la feuille de route du premier avion franco-portugais. La société Geci International, connue pour ses activités d'ingénierie aéronautique, a réalisé un pas décisif pour boucler un projet que son P-DG, Serge Bitboul, voulait voir aboutir depuis longtemps. Cotée au second marché, la société joue gros sur ce coup puisqu'elle vient de lancer une augmentation de capital de près de 13 millions d'euros, en grande partie pour financer le Skylander. « On butait sur le problème du financement et de l'industrialisation. Aujourd'hui, ces deux écueils sont surmontés », se réjouit le P-DG.

Geci International a rallié un groupe d'industriels portugais de l'aéronautique, avec l'appui des pouvoirs publics locaux, qui apporteront les financements complémentaires (110 millions d'euros de budget au total). Un joint-venture, Sky Aircraft Industries, dont le Français sera actionnaire, verra le jour en septembre pour assurer l'industrialisation du projet. L'usine d'assemblage sera installée près des pistes de l'aérodrome d'Evora, dans la région de l'Alentejo, à l'Est de Lisbonne.

L' "avion-brousse"

L'appareil se situe clairement sur une niche de marché : celle des avions légers, capables de se poser partout et de réaliser des missions les plus diverses, du transport de passagers ou de troupes, en passant par l'humanitaire, le cargo et le fret. Propulsé par deux moteurs PT6 fabriqués par Pratt & Whitney Canada, le Skylander pourra transporter une charge utile de 3,3 tonnes ou 19 passagers. Un marché estimé à 4 000 avions sur les vingt prochaines années, et dont Sky Aircraft Industries vise au moins 25 %. Le Skylander devra toutefois se positionner face à plusieurs concurrents, dont Casa (EADS) ou Bombardier. Mais leurs modèles sont de conception ancienne. « Nous arrivons avec un appareil nouveau, donc avec des coûts opérationnels bien inférieurs », analyse Serge Bitboul.

Pour mener à bien le projet, une organisation industrielle simple a été retenue : « Les sous-traitants partenaires sont responsables chacun d'un ou plusieurs sous-ensembles, et l'usine fera uniquement de l'assemblage final », explique Serge Bitboul. Ce dernier estime les emplois industriels induits par ce projet à environ 950. Deux PME françaises, Lauak et Mazères Aviation, fabricants d'aéro-structures, sont parties prenantes.

Des fonds propres à reconstituer

Pour Geci International, ce projet constitue un virage puisqu'il fait passer la société d'ingénierie dans la catégorie des industriels à part entière. Sa grande spécialité : la conception et le développement de sous-ensembles de structures, à 80 % pour l'aéronautique et l'espace. De plus, la société s'est positionnée à l'international, afin de ne pas trop dépendre des grands donneurs d'ordres comme Airbus ou Dassault Aviation. Elle s'est forgée une compétence auprès d'industriels indonésiens, sud-africains ou sud-coréens. Les ingénieurs de Geci ont ainsi dessiné l'avion coréen KT1.

Plusieurs points restent toutefois à valider avant que ce projet, qui a connu beaucoup d'avatars, démarre. Notamment l'augmentation de capital de Geci International. La société a connu des difficultés, avec des pertes sur les trois derniers exercices, ainsi qu'au premier semestre 2004-2005. Elle a donc un urgent besoin de reconstituer ses fonds propres. « Ces problèmes sont en voie de résolution et nous avons amélioré la situation au second semestre », affirme son P-DG. On sera vite fixé puisque l'augmentation de capital sera en principe bouclée le 19 juillet, jour où Gesi international présente ses résultats annnuels.

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