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GDF Suez visé par l'arrêt des centrales nucléaires belges

Par Astrid Gouzik - Publié le
Centrale nucléaire - Doel - Belgique
© goya - Flickr - C.C.

Dimanche 30 octobre, au sortir de la réunion sur la formation du nouveau gouvernement belge, les négociateurs et le futur Premier ministre pressenti, le socialiste Elio Di Rupo, sont tombés d’accord. Les sept réacteurs nucléaires fermeront progressivement dans le pays, à partir de 2015. Une décision lourde de conséquence pour le groupe français GDF Suez.

La Belgique a confirmé le principe de sortie du nucléaire à partir de 2015, sans toutefois fixer de date précise pour la fermeture des premières tranches. Cette sortie reste conditionnée à ce que la Belgique trouve suffisamment de sources d'énergie alternatives au nucléaire pour éviter toute pénurie. En effet, le nouveau gouvernement aura la charge d’élaborer, dans un délai de six mois après son entrée en fonctions, un plan d’équipement permettant de remplacer les centrales par de nouvelles sources d’énergies diversifiées.

La possibilité d'une sortie de la Belgique du nucléaire intervient quelques mois après une décision similaire de l'Allemagne. En mars, quelques jours après la catastrophe de Fukushima, alors que l’Allemagne annonce sa sortie du nucléaire, la Belgique réfléchit. 6 mois plus tard, les réflexions portent leurs fruits, et la Belgique décide de revenir à la loi de 2003. Celle-ci signifiait l’extinction progressive entre 2015 et 2025 des sept réacteurs belges.

Six ans plus tard, cette loi avait été abandonnée. En effet, faute de solution de rechange crédible, le gouvernement d'Herman Van Rompuy avait passé un accord avec l'exploitant des centrales Electrabel (GDF Suez) afin de prolonger de dix ans les trois plus anciens réacteurs, appelés à fermer en 2015. 

GDF Suez plombé par la sortie du nucléaire belge

Mais le retour à la loi de 2003 marque aussi l’épilogue de l’accord de 2009 pour le groupe français d’énergie qui peut se targuer d'une expérience de trente ans dans le nucléaire en Belgique. La sortie du nucléaire laisse donc planer une ombre inquiétante au dessus de GDF Suez. En effet, il a déjà engagé des sommes importantes. Electrabel a ainsi investi 500 millions ces cinq dernières années dans les réacteurs de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1, et un milliard d'investissements supplémentaires est nécessaire pour prolonger leur durée de vie, a rappelé la filiale de GDF Suez samedi.

Sur les marchés, la sanction tombe immédiatement après l’annonce du futur gouvernement. Lundi 31 octobre, le titre GDF Suez figure parmi les plus fortes baisses de la Bourse de Paris, à l’ouverture. La valeur lâchait 4,18% à 20,85 euros là où le CAC 40 perdait 1,43%.

Quant à  l'électricien EDF, il était en baisse de 1,33% à 21,96 euros tandis que le spécialiste français du nucléaire Areva perdait 3,67% à 21,40 euros.

EDF n'est qu'indirectement concerné par la décision des autorités belges puisqu'il détient des droits de "tirage", directement sur 8% de la capacité de production des centrales belges, et indirectement via sa filiale belge SPE des droits sur 7%. De plus, il est difficile de déterminer si cette chute tient réellement de l'annonce belge. En effet, l'action EDF a chuté de plus de 5% vendredi, des intervenants de marché ayant évoqué un article du Monde selon lequel le Parti socialiste et les écologistes seraient sur le point de sceller un accord électoral prévoyant des fermetures de centrales nucléaires.

Areva, présent en Belgique via sa filiale fabricante de combustible FBFC, avait déjà annoncé envisager fermer son usine de Dessel dans le cadre de son plan d'économie. Un projet d'autant plus plausible qu'il coïncide avec l'annonce de la fermeture des réacteurs nucléaires belges. 

Le problème de la rente nucléaire

D’autre part, les négociateurs des six partis associés à la formation d'un nouveau gouvernement fédéral se sont penchés sur le problème de la rente nucléaire, cette marge que les producteurs d’énergie engrangent depuis que les centrales sont amorties.

Pour capter ce profit, une proposition sur le sujet était évoquée dimanche après-midi, selon le site belge de RTL. Une forme de nationalisation des centrales nucléaires permettrait à l'Etat de revendre l'énergie produite aux fournisseurs. 

C’est finalement une mesure fiscale qui aurait été adoptée. Pour trouver une partie des 10 milliards d’euros d’économies nécessaires, la taxe sur la rente nucléaire serait relevée, dans des proportions qui restent à définir dans les négociations budgétaires.

 

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1 réaction

GDF | 31/10/2011 - 15H31

Après tous ses investissements j'espere vraiment pour GDF-Suez que le gouvernement Belge va encore une fois retourner sa veste. Surtout que GDF-Suez est un des premiers investisseurs dans ce pays.

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