GDF Suez se montre confiant dans un monde incertain
Par Ludovic Dupin - Publié le
Malgré un résultat net 2011 en baisse, le groupe maintient ses objectifs pour 2012. Le PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet assure que les temps sont durs pour les groupes de services publics.
Présentant ce jeudi 9 février à Paris, les résultats de son groupe en 2011, Gérard Mestrallet a, bien sûr, cité les conséquences de la catastrophe de Fukushima, mais aussi le climat exceptionnellement doux et le gel des tarifs en France. Deux évènements qui ont amputé de près d'1 milliard d'euros le résultat opérationnel de GDF Suez l'an dernier (4 milliards d'euros, - 13 % par rapport à 2010).
GDF Suez a également évalué à 290 millions d'euros le manque à gagner entraîné par le gel des tarifs du gaz en France imposé par le gouvernement au quatrième trimestre 2011, a indiqué jeudi Jean-François Cirelli, vice-président et directeur général délégué du groupe.
Une procédure contre le gouvernement est en cours au Conseil d'Etat et "ce sera jugé dans les prochains mois", a annoncé Jean-François Cirelli.
Les autres indicateurs du groupe sont au vert. Le chiffre d'affaires franchit pour la première fois le seuil des 90 milliards d'euros de chiffre d'affaires, à 90,7 milliards (+ 7,3 %). L'Ebitda a progressé de 9,5% à 16,5 milliards d'euros.
Le groupe table pour 2012 sur un bénéfice net récurrent (c'est-à-dire hors éléments exceptionnels) compris entre 3,5 et 4 milliards d'euros, contre 3,5 milliards l'an dernier, sur la base d'un "climat moyen" et à régulation inchangée, et un Ebitda d'environ 17 milliards.
Prudence sur les deux années à venir
Gérard Mestrallet attribue la solidité de son groupe à la diversité géographique de son portefeuille avec un fort renforcement dans les pays à forte croissance. L'an dernier, le groupe a finalisé l'acquisition du britannique International Power qui lui a ouvert les portes du Moyen-Orient. Par ailleurs, GDF Suez a signé un accord avec le fonds d'investissement chinois CIC qui lui donne un ticket d'entrée supplémentaire en Asie.
GDF Suez a repositionné avec efficacité son activité de gaz naturel liquéfié (GNL) des Etats-Unis, où les gaz de schiste ont bouleversé la donne, vers l'Asie en grande demande. Le groupe a délivré 48 cargos de GNL en 2011 (+ 27%) dont 25 en Asie (+ 60%).
Le groupe envisage avec prudence les deux années à venir. Isabelle Kocher, vice-présidente en charge des finances, a annoncé une croissance modérée à court terme. Ceci n'empêche pas le groupe de maintenir son niveau d'investissement. Après un total de 10,8 milliards d'euros en 2011, GDF Suez demeure table cette année sur 11 milliards.
Gérard Mestrallet a une nouvelle fois plaidé pour une stabilité des cadres réglementaires en Europe. "Depuis un certain temps, les pays européens ont décidé à tour de rôle de changer les règles du jeu. Il y a un risque de voir en Europe un déficit d'investissements qui créerait des difficultés si la croissance repartait", explique-t-il.
Une incertitude pèse en Belgique sur l'avenir des sept centrales belges qui pourraient être fermés à partir de 2015. Le groupe mettra à jour sa stratégie nucléaire mi-2012 en fonction des décisions prises par les pays européens à la suite des stress test réalisés dans les centrales nucléaires mais aussi en fonction du choix du gouvernement belge et ceux… du futur gouvernement français.

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