Le groupe vient de livrer la première des deux centrales de production d'énergie qui alimenteront le parc olympique londonien lors des Jeux de 2012. Une manifestation de sa maîtrise et de ses compétences qu'il compte utiliser ensuite en Chine.
Le bus cahotant laisse la priorité aux engins de chantier. Devant le futur stade olympique, l'heure est aux plantations, de part et d'autre d'une petite rivière encaissée. Un peu plus loin se dressent les immeubles colorés du village qui abritera les athlètes. Centre nautique, vélodrome, enceintes pour le basket et le hand, centres de presse et de télévision : un à un, les grands lieux de Londres 2012 se succèdent, tous en voie d'achèvement. Après dix bonnes minutes de slalom entre les bases vie, les travaux de voirie et les aménagements paysagers, le bus fait face au seul immeuble déjà fonctionnel : la centrale énergétique de King's Yard, inaugurée le mardi 19 octobre.
Une référence pour le groupe GDF Suez et sa filiale Cofely, chargée de la construction et de l'exploitation du réseau de chaleur et de froid du parc olympique. « Nous étions membre du club des entreprises qui soutenait la candidature de Paris pour les jeux Olympiques de 2012, rappelle Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez. Nous avons gagné la compétition organisée par l'Olympic Delivery Authority (ODA) et la ville de Londres pour la construction de deux usines très écologiques. C'est ça le sport ! » Les centrales de King's Yard et de Stratford produiront, à partir de gaz naturel et de déchets de bois, de la chaleur, de l'eau à 4 °C pour la climatisation et de l'électricité (lire ci-dessous).
GDF Suez exploite 110 réseaux urbains en Europe, notamment à Barcelone et à Paris. À Londres, sa filiale Cofely, qui aura investi environ 100 millions d'euros, disposera d'une concession de quarante ans. « Elle dégagera un cash flow de plusieurs dizaines de millions d'euros à partir de 2017 », précise Jérôme Tollot, chargé de la branche énergie et services de GDF Suez. Le chiffre d'affaires du contrat s'élève à plus de 1,5 milliard d'euros. Après les Jeux, les deux centrales de production d'énergie serviront pour l'urbanisation des 300 hectares de la zone de Stratford, située à proximité des nouveaux quartiers des docks et notamment de Canary Warf.
UNE DÉMONSTRATION DU SAVOIR-FAIRE FRANÇAIS
GDF Suez compte bien faire de Londres une vitrine : ses deux centrales permettront de réduire d'au moins 20 % les émissions de CO2 par rapport à des installations conventionnelles. « C'est une démonstration de notre savoir-faire dans les réseaux urbains, assure Gérard Mestrallet. Nous utiliserons en Chine le fait d'avoir été choisi à Londres. » Le groupe exploite quelque 23 filiales avec des municipalités chinoises : toutes sont rentables. GDF Suez a ainsi créé, avec Energy Investment Group de Chongqing (plus de 30 millions d'habitants), une société commune qui concevra, construira et exploitera des réseaux de chaleur et de froid dans la plus grande municipalité du monde...









