GDF Suez et International power scellent leur union
Par Ana Lutzky - Publié le
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Après une première tentative ratée en début d'année, le groupe français annonce la fusion d’une partie des actifs de sa branche Energie International avec le producteur indépendant d'électricité International Power.
Le plus gros deal de l’année est désormais officiel. Les conseils d'administration du groupe d'énergie française GDF Suez et du producteur d'énergie britannique International Power (IP) ont approuvé lundi les modalités d'une fusion entre les deux sociétés. L'opération a été annoncée dès ce matin, à l'occasion de la présentation simultanée des résultats du groupe franco-belge et de son concurrent britannique. Elle permettra à GDF Suez de se renforcer massivement dans les pays émergents en forte croissance, comme le Moyen-Orient et l'Asie, mais aussi aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, alors même qu'il peine à s'imposer pleinement face à EDF en France. Un redéploiement stratégique : selon l'Agence internationale de l'énergie, la consommation d'électricité dans les pays émergents va croître de 3,9 % par an entre 2007 et 2030, contre à peine 1 % dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En Europe, la maison mère et sa filiale britannique s'engagent à ne pas entrer en concurrence.
dividende exceptionnel
Afin de mieux convaincre les actionnaires d'International Power, dont l'aval est indispensable à l'aboutissement de la fusion, GDF Suez a accepté de leur verser un dividende exceptionnel d'environ 1,6
GDF Suez : 79,9 milliards d'euros de chiffre d’affaires en 2009
21 milliards d'euros
Pour prendre 70 % du capital d'International Power, GDF Suez va ainsi dans un premier temps céder à la société britannique sa branche "Energie internationale", comportant des actifs valorisés à un peu plus de 20 milliards d'euros. Ces actifs internationaux sont situés au Brésil, au Chili, au Pérou, en Thaïlande, en Turquie, dans le Golfe et comprennent également la capacité à commercialiser et marketer au Royaume-Uni, une centrale britannique ainsi que l'activité gazière turque. Livrés à IP, ces derniers donneront naissance à une nouvelle entité élargie nommée New International Power. En échange, GDF Suez obtiendra des actions du nouvel ensemble appelé à être coté à la Bourse de Londres. Les 30% restant seront détenus par les actionnaires du britannique.
Un deal sans cash
Il s'agit d'un deal sans cash, permettant de préserver la croissance future des deux entreprises. De quoi financer par exemple les 22 GW de nouveaux projets prévus par la nouvelle entité. GDF Suez va céder néanmoins pour 4 à 5 milliards d'euros d'actifs sur deux ans, afin d'améliorer son bilan suite à l'acquisition, a annoncé mardi le PDG du
Le Royaume-Uni sous influence
A l'issue du passage d’IP sous giron français, il ne reste plus que deux producteurs d'électricité britanniques. Un fait qui risque de raviver le débat sur l’indépendance énergétique outre-Manche. Le capital des électriciens d’Albion est majoritairement étranger : • Centrica (Royaume-Uni)• Scottish Southern Energy (Royaume-Uni)
• British Energy : racheté par EDF (France) puis revendu au milliardaire Li Ka-shing (Honk-Kong)
• npower : racheté par RWE (Allemagne)
• Powergen : racheté par E. ON (Allemagne)
• Scottish Power : racheté par Iberdrola (Espagne)
• new IP : racheté par GDF Suez (France)
un géant de 100 GW
IP possède aujourd'hui 50 centrales électriques dans le monde, dont une demi-douzaine au Royaume-Uni. Avec les actifs de GDF Suez, le britannique doublerait sa capacité brute de production. Dans un audit réalisé à la demande du groupe français, le cabinet Deloitte a évalué la valeur de ces actifs, qui représentent 32 GW de capacité de production, essentiellement au Moyen-Orient, en Amérique latine, et en Amérique du Nord, à 21 milliards d'euros.
Le rachat d'International Power permettra à GDF Suez d'atteindre une capacité de production d'électricité de 100 gigawatts (GW), contre 72,7 GW à ce jour, alors que l'ancien Gaz de France a justement pour ambition d'atteindre 100 GW de capacités de production d'ici à 2013. Sur le plan géographique, la complémentarité est patente puisque IP est fort aux Etats-Unis et en Asie où GDF Suez est plus faible, tandis que les deux entreprises ont les plus fortes parts de marché au Moyen-Orient. Sur le plan industriel, les 50 centrales du groupe britannique fonctionnent à 61 % au gaz : cela reproduit l'un des points forts de GDF Suez, serein sur la disponibilité de son approvisionnement grâce au gaz détenu en propre par Gaz de France.
L'opération a été saluée par le Premier ministre François Fillon, ravi de la "vitalité et [du] dynamisme des grandes entreprises industrielles françaises". "L'Etat, qui détient actuellement près de 36% de GDF SUEZ, conservera toute sa place au sein du groupe, le niveau de sa participation restant inchangé", souligne Matignon.
1 réaction
S@My | 10/08/2010 - 17H31
J'aimerai bien voir comment cette nouvelle entreprise va concurrencer EDF au niveau de la puissance nucléaire. Ce que GDF essaie de faire depuis des années est cette concurrence mais en achetant IP est-ce réellement de la concurrence nucléaire? GDF Suez a-t-il laissé tombé?
Sinon les deux groupes francophones ont crée une belle bataille outre-manche avec leurs deux acquisitions.

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