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Gazprom : toujours pas de gaz dans les pipelines ukrainiens

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
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Pour la plus grande inquiétude de l'Europe, Kiev et Moscou continuent de se renvoyer la balle sur la responsabilité du blocage de l'approvisionnement en gaz via l'Ukraine.

Le transit du gaz russe via l'Ukraine, à peine relancé mardi matin après une semaine d'interruption, s'est de nouveau arrêté, Moscou et Kiev s'accusant réciproquement d'en être responsable. Selon Gazprom, les observateurs internationaux qui surveillent le transit du gaz russe via l'Ukraine vers l'Europe ont confirmé que c'étaient bien les Ukrainiens qui bloquaient les voies d'approvisionnement.

L'entreprise publique ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz a admis bloquer le transit gazier qui devait reprendre mardi matin. Mais a expliqué sa position par le fait que Gazprom avait posé des "conditions de transit inacceptables". Selon Kiev, la Russie a voulu introduire le gaz dans un gazoduc qui n'est pas prévu pour l'exportation, mais pour la consommation intérieure. Autre grief : Gazprom compterait dans le flux de gaz octroyé la quantité de gaz qui sert à mettre les gazoducs ukrainiens sous pression, autrement dit le gaz "technique" nécessaire pour assurer le transit. Soit quelque 21 millions de m3 quotidiens. Des quantités qui devraient être à la charge de Gazprom selon Kiev.

Si l'Ukraine s'était servie de ce gazoduc pour l'exportation, "nous aurions été obligés de laisser sans gaz les régions d'Odessa, de Lougansk, de Donetsk et de Dnipropetrovsk" dans le sud et l'est ukrainiens, a déclaré le patron de Naftogaz, Oleg Doubina. Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, a démenti ces allégations, déclarant que le gaz avait été envoyé "uniquement dans les gazoducs d'exportation" ukrainiens. Bref, le conflit s'enlise.

1,1 milliard de dollars de pertes pour Gazprom

"Depuis le 1er janvier, Gazprom a perdu 1,1 milliard de dollars de chiffre d'affaires à l'export sur ses contrats de livraisons de gaz à l'Europe", a dit le président russe, Dmitri Medvedev, lors d'un entretien avec le patron de Gazprom Alexeï Miller.

L'appétit de Gazprom pour Naftogaz.
Derrière l'imbroglio commercial, le blocage ayant pour origine un différend tarifaire entre les deux pays, réside aussi l'envie de Gazprom de mettre la main sur les gazoducs ukrainiens. Pour y parvenir, le gazier russe avait inclu dans le précédent contrat une clause permettant d'en acquérir des morceaux en remboursement de dettes, comme il l'a fait pour le réseau de gazoducs biélorusse. En effet, Gazprom a déjà réussi à acquérir près de la moitié du réseau biélorusse, en imposant au président Loukachenko des prix tels qu'il ne peut payer sa note de gaz que par le recours à des emprunts impossibles à obtenir auprès d'une banque... et remboursables en nature.

Problème, soulignent certains analystes : le premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko avait evacué Rosukrenergo du circuit, par un accord signé à Moscou en octobre 2008. Elle aurait donc cassé la "machine" conçue par Gazprom pour s'approprier Naftogaz, petit morceau par petit morceau. Un geste qui selon certains observateurs aurait soulevé l'ire de Moscou, et conduit à l'exigence exorbitante de 450 dollars le mille de mètre cube de méthane auprès de Kiev. Un tarif semblable au tarif de marché pratiqué en Europe de l'Ouest, mais difficile à assumer sans période de transition pour s'adapter par l'Ukraine. Les deux parties semblaient auparavant prêtes à s'accorder autour d'un tarif compris entre 200 et 250 dollars le mmc. Vladimir Poutine a d'ailleurs relancé l'idée de s'approprier Naftogaz voici quelques jours, en suggérant à l'Ukraine de privatiser son réseau de transport, lui assurant que la Russie y prendrait volontiers part. 

En pleine période électorale en Ukraine, la guerre parlementaire contre le candidat à sa propre sucession Viktor Iouchtchenko a commencé, alors que le président ukrainien explique que tout vient de la volonté de Gazprom de s'approprier Naftogaz.  Selon ce dernier, Moscou cherche à "attiser (le mécontentement dans) les régions sensibles (russophones) de l'est".

A.L.

Le gaz russe tarde à gagner l'Ukraine, le rouble chute,le 13/01/2009


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