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Gazprom : Shtokman attendra, Total aussi

Le 09 février 2010
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© gazprom

Le russe Gazprom retarde de trois ans l'exploitation du gisement gazier géant de Shtokman. En cause, la récession qui fait chuter la demande de gaz, et l’essor du gaz non conventionnel aux Etats-Unis.

Dommage pour Total. Associé au géant russe Gazprom et le norvégien StatoilHydro pour exploiter les réserves de gaz du champ de Shtokman, il devra patienter. Gazprom comptait beaucoup sur ce gisement pour devenir un leader mondial sur le marché du GNL. Mais compte tenu de l'état du marché mondial, le monopole public russe précise dans un communiqué s'être mis d'accord avec Total et Statoil sur le report à 2016 au lieu de 2013 de l'entrée en production des gazoducs. La production de gaz naturel liquéfié débutera en 2017 au lieu de 2014.

Trois phases d’exploitation

Shtokman Development Company, la société de projet dans laquelle Gazprom qui détient 51% du capital, s'est associé pour la phase 1 à Total (25% des parts) et le Norvégien StatoilHydro (24%). La société devait dévoiler son plan d'investissement en mars de 2010. La première des trois phases d'exploitation prévoyait une production de 23,7 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an et (90 milliards à terme); les livraisons par gazoduc devant débuter en 2013 et celles sous forme de GNL en 2014. C'est Sevmorneftegas, une filiale à 100 % de Gazprom, qui détient les licences d'exploration et d'exploitation de gaz et de condensats.
Le gisement gazier de Shtokman était appelé à devenir l'une des principales sources d'approvisionnement en gaz russe pour les marchés de l'Europe de l'Ouest, alimentés par gazoduc et sous forme de GNL. Situé dans la partie russe de la mer de Barents, la capacité de Shtokman est estimée à 3.800 milliards de m3 de gaz naturel et à environ 37 millions de tonnes de condensat de gaz. De quoi prendre le relais des gisements déclinants de Sibérie occidentale. Parmi les plus importants du monde, il pourrait nécessiter 11 milliards d'euros d'investissements pour sa première phase (voir encadré). 

Mais « les changements intervenus sur le marché et notamment sur le marché du GNL » bouleversent la donne. Gazprom a enregistré l'an dernier une chute sans précédent de ses exportations du fait du ralentissement économique mondial et de l'émergence de réserves et de ressources non conventionnelles de gaz aux Etats-Unis. Total ne se décourage pas pour autant : après l'annonce du report de la mise en exploitation du gisement, le groupe a confirmé, par la voix d'un porte-parole, son engagement dans le projet, tout comme le norvégien Statoil.


Lire aussi :
Chute libre russe
La nouvelle donne du gaz
Que peut l'Europe face à Gazprom ?



 

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