Gazprom rouvre les vannes, le gaz est en route vers l'Europe
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Les dirigeants de Gazprom ont ordonné la reprise des livraisons de gaz à destination de l'Europe via l'Ukraine, à 10 h de Moscou (7h00 GMT) ce mardi 20 janvier. La Slovaquie et la Hongrie sont les première livrées.
La Slovaquie et la Hongrie ont annoncé avoir commencé à recevoir du gaz mardi. Le président de la compagnie gazière russe Gazprom, Alexei Miller, a signé l'ordre de reprise des livraisons avant l'aube, quelques heures après que la Russie et l'Ukraine aient signé un accord prévoyant le retour à la normale.Le gaz russe devrait à nouveau affluer en France entre mercredi soir et jeudi matin, au point d'arrivée du gazoduc à Obergailbach, près de Nancy. Du fait de la physique, tout simplement, le gaz met en effet 24 à 72 heures pour parvenir aux pays européens à travers les pipelines depuis la Russie. La France attendra donc quelques jours, d'autant que les ex-pays de l'Est ont besoin de se renflouer en gaz au plus vite.
Gazprom s'est coordonné avec la compagnie ukrainienne Naftogaz pour que le gaz afflue au même moment dans les tuyaux des différents pays européens concernés. Du fait d'un différend tarifaire entre la Russie et l'Ukraine, les livraisons de gaz à l'Europe ont été presque coupées pendant deux semaines, durant lesquelles les industries est-européennes ont tourné au ralenti.
Solidarité gazière.
La crise gazière russe a eu pour effet de forcer l'Europe à resserrer sa coopération énergétique. Depuis le 7 janvier, GDF Suez annonce avoir a mis à disposition de son partenaire slovaque SPP entre 1 et 3 millions de mètres cube par jour de gaz naturel. Un accord conclu le 16 janvier avec à SPP permet de plus à la Slovaquie reconstituer une partie de ses stocks de gaz (14 milliards de mètres cubes de capacité), fortement sollicités depuis le début de la crise. En pratique, GDF met en effet à disposition de son partenaire slovaque une partie de ses propres stockages sous-terrains. Le gazier français contribue à l'approvisionnement des ex-pays de l'Est les plus touchés : il livre la Bosnie depuis le 10 janvier, via la société hongroise E.ON Földgáz Trade, et la Croatie depuis le 15 janvier, via l'INA, opérateur historique croate. Depuis le 17 janvier, les livraisons de GDF Suez à INA ont été doublées grâce à un accord avec MOL, opérateur hongrois contrôlant INA, annonce le groupe français. Il a également livré du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) en Grèce et « prévoit de réitérer cette opération ». Les volumes n'ont néanmoins pas été communiqués.
Pour les ex-pays de l'est, la crise gazière aura laissé des marques. Plusieurs milliers de personnes ont ainsi manifesté dimanche 18 janvier dans les rues de Sofia, en Bulgarie, pour réclamer la remise en route de la centrale nucléaire de Kozlodoui. Deux réacteurs de la centrale (sur quatre) avaient été mis hors service depuis 2006, comme condition à l'entrée de la Bulgarie dans l'Union européenne. Les réacteurs de type WWER 440, qui ne sont pas équipés de cuve de confinement, sont soumis à l'interdiction de Bruxelles. Mais face à la crise du gaz, qui a touché durement le pays, le gouvernement a décidé de préparer la centrale à une possible mise en route d'urgence du réacteur 4. Cinq jours seraient alors nécessaires à sa remise en marche. Le gouvernement a toutefois précisé que rien ne serait fait sans l'accord de l'Union européenne. Une fois le gaz revenu, le réacteur restera sûrement au placard, mais Sofia risque de le garder sous le coude.
Quant à l'Ukraine, elle achètera son mille de mètre cube de gaz russe 360 dollars au lieu de 179 dollars désormais, selon le patron de Gazprom. Le consommateur ukrainien paiera 228,80 dollars pour 1.000 mètres cubes de gaz importés de Russie au lieu de 117 dollars en 2008. Le prix de l'adhésion à l'OTAN ?
A.L.
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