Gazprom rachète les 20% d'ENI dans Gazprom Neft à prix d'or
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Gazprom a racheté à l'italien ENI 20% des actions de sa filiale pétrolière Gazprom Neft, qui appartenaient auparavant à Ioukos. L'option a couté au monopole russe la bagatelle de 4,2 milliards de dollars, ce qui est 63% supérieur au prix des actions sur le marché et a aggravé l'endettement de la compagnie.
Passe-passe italien. L'acquisition par ENI en 2007 pour 3,7 milliards de dollars des actions de la cinquième compagnie pétrolière russe, lors du démantèlement de l'ex-géant russe du pétrole Ioukos, mis en liquidation judiciaire après la condamnation de son PDG Mikhaïl Khodorkovski à huit ans de prison, répondait aux intérêts de Gazprom. A l'époque, le holding russe avait besoin d'une telle opération afin de se soustraire aux griefs des actionnaires mécontents de Ioukos. Aujourd'hui, cette compagnie n'existe plus et il n'y a donc... aucun problème.
Gazprom s'était promis de récupérer le bébé plus tard : il disposait d'une option jusqu'à la mi-avril 2009 pour les racheter. Le moment du remboursement de l'option n'était pas des plus opportuns, mais le géant gazier a payé, au prix fort. Avec cet accord, Gazprom détient désormais plus de 90% de Gazprom Neft (autrefois dénommé Sibneft avant de devenir une filiale du géant gazier russe) qu'il a rachetés au milliardaire russe Roman Abramovitch en 2005.
Certains observateurs estiment que Gazprom aurait pu négocier avec les Italiens pour proroger le délai de l'option, les relations entre les compagnies étant très bonnes, et dépenser ces fonds sur des frais d'investissements. De plus, le monopole n'a actuellement pas besoin de ces 20% de Gazprom Neft: le géant gazier contrôlait sa filiale sans ces actions et aurait donc parfaitement pu s'en passer.
Angélisme ? L'accord est toutefois avantageux pour l'image de Gazprom, notamment en Occident : il démontre que la compagnie tient ses promesses. Depuis la crise russo-ukrainienne de janvier où le groupe a particulièrement fait montre de sa fâcheuse tendance à faire fi des contrats, ce n'est pas de trop.
Les inconvénients de la transaction semblent cependant plus importants que cet avantage isolé: Gazprom sera obligé de s'acquitter cette année de 9,5 milliards de dollars de dettes. Le volume prévu du programme d'investissements se chiffrant à 26,2 milliards de dollars, la réduction pourrait atteindre, selon les experts, près de 4 milliards de dollars. Gazprom ne renoncera cependant pas à ses plans principaux, tels que la mise en valeur des gisements de Iamal.
A.L.

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